2025
Novembre
November Fest (suite…)
DISCOURS POUR LES 30 ANS DU NOVEMBERFEST ANNUEL
Il y a 30 ans, en 1995, je rêvais de mettre sur pied une tradition: celle de réunir nos amis de Fra Angelico autour d’un bon repas et en faire une fête annuelle.

Je rêvais déjà de voir nos enfants, voire, un jour, nos petits-enfants, partager ces moments avec leurs amis de la fraternité, devenus pour eux comme des cousins.
Tout de suite, c’est la choucroute qui s’est imposée dans mon coeur! La choucroute – parmi les plus beaux souvenirs de mon enfance, lorsque j’ai fait ma 4e et 5e années du primaire en Alsace – c’est un hymne à l’Alsace!
La choucroute, c’est une montagne de chou fermenté, couronnée des charcuteries les plus savoureuses qui soient, aux noms évocateurs, la Montbéliard, la Viennoise, les Morteaux, la Debrizener, ces divines saucisses – «les meilleurs légumes qui soient», comme disait Christian, le père de Christine! C’est l’heureux mariage entre le végé et le carné. Bref, ce souper, il se devait donc d’être automnal!
Et qui d’autre, pour la concocter, que notre alsacienne préférée, Christine!
Elle a tout de suite embarqué dans le projet. Au début, nous n’étions qu’une dizaine, autour d’une simple table.
Au fil des années, nous nous sommes mis à recevoir jusqu’à près d’une soixantaine de personnes, beau temps, mauvais temps, les bouteilles de bière dans les glacières ou dans la neige.
J’allais toujours chercher les ingrédients, longtemps à Slovenia, boulevard St-Laurent. J ’étais devenue un si bon client qu’on m’appelait «Monsieur Choucroute» chez Slovenia. Puis, celle-ci ferma et ce fut Cracovie, à St-Hubert, une charmante petite charcuterie familiale tout droit venue de Pologne où l’on fait aussi la kapusta kiszona. Mais, la choucroute alsacienne demeure la reine de nos coeurs et de nos panses!
Il faut voir comment la maison se fait belle pour nos invités. En un coup de baguette magique, celle de Céline, évidemment, et de ses lutins, apparaissent les tables habillées de nappes où valsent tous les petits Hansi, les boks de bière en poterie, façon Betschdorf, les verres à vin pour y recueillir Riesling, Gewurztraminer, Pinot noir, Pinot gris, Muscat et Sylvaner. Et ce, pendant que continuent à s’affairer aux fourneaux, nos cheffes Christine et Céline et leurs marmitons. Les parfums de genièvre, de carvi, de girofle et de coriandre tout comme les effluves des saucisses et de lard fumé inondent notre maison. Tellement, qu’il a fallu surveiller les Jack, Inouk et Pirate, ces chiens disparus dont les babines frémissaient en pénétrant notre demeure.
Puis, c’est au tour des invités d’arriver seuls ou en grappes, déjà enivrés des odeurs d’Alsace. Vous rappelez-vous du chapeau du Stampede de Kevin? De Grégoire et sa femme, venus du Bénin partager avec nous? Des chatoyants saris de Johanne et Anick? De l’accordéoniste et d’Alexane, la petite gigueuse? De Jeanne et sa photo avec ses deux docteurs «aux visages pareils», comme elle dit?
En une heure, la maison se remplit, les gens se lient et les fenêtres s’embuent. Le fameux tintement de cristal résonne, prélude au festin. L’eau à la bouche, on écoute distraitement une adresse improvisée de ma part, que je m’efforce de faire courte, car je sens l’envie d’en découdre avec cette montagne de viande en crescendo. Puis, à l’attaque!
On savoure, on boit, on parle, on rit. Quel bonheur que de pouvoir être ensemble, autour d’une harmonie de saveurs, d’odeurs et de goûts de Mort Subite, de Trou du Diable, de la Maudite, de la Siboire, de l’Argouse, de la Chouffe et de la Delirium Tremens!
Merci à vous tous et à vous toutes, merci à Christine, à Céline, merci à vous tous, nos merveilleux jeunes et à vous, les tout-petits, merci de rendre possible et vivante cette tradition dont j’espère qu’elle fera encore long feu!
Décembre
Rencontre de l’Avent avec la fraternité Frassati.
2026
Janvier
Visionnement du film No other land (suite…)
Nous avons visionné NO OTHER LAND, avec sous-titres français, un film qui a gagné l’Oscar du meilleur film documentaire en 2025.

C’est la chronique de la destruction d’un village en Cisjordanie, celui de Masafer Yatta, et l’expulsion de ses habitants par l’armée israélienne, à travers les yeux de l’activiste palestinien, Basel Adra et du journaliste israélien Yuval Abraham. Ce film a suscité colère et indignation dans notre fraternité. Bien que chronique et complexe, ce conflit nous est présenté dans sa réalité la plus concrète: des mères et des pères de famille, des enfants, de jeunes adultes, dont les maisons sont démolies sous leurs yeux, ceux-ci emportant matelas et vaisselles pour revenir les réinstaller dans les décombres, une fois les bulldozers partis. Un puit enseveli sous du ciment que l’armée israélienne y verse. Une canalisation d’eau tranchée à la tronçonneuse. Des pères de famille dont la colère leur vaut une balle mortelle. Des images de leur vie quotidienne. No other land. Aucune autre terre. On y vit ou on y meurt. Mais on ne la quittera pas. Ça interpelle. On se sent impuissant. On ne peut que répandre le message. Apprenons à mieux nous connaître et à
Nous pardonner les uns les autres, comme point de départ. Puis, levons-nous et marchons dignement, demeurons dans la vérité et soyons créatifs dans nos solutions à nos conflits humains. La conversion, elle peut commencer en cette minute même. On peut en tout temps recommencer à neuf.
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