Règle du laïcat dominicain


Règle du Laïcat Dominicain (HISTORIQUE)

Le Laïcat Dominicain a pris naissance dans sa forme primitive avec la promulgation de la 1ère Règle sous Munio de Zamora, Maître de l’Ordre, en 1285. Les Confréries des Pénitents à l’origine spirituelle du Laïcat étaient agglomérées autour de St Dominique, qui rassemblait aussi autour de lui des groupes de laïcs en vue de défendre spirituellement et matériellement l’Eglise et d’accomplir une mission apostolique. Le Laïcat a existé sous différentes appellations depuis l’existence de l’Ordre Dominicain et a toujours rempli des tâches spécifiques et collaboré étroitement avec d’autres branches de la Famille Dominicaine.

Il y a eu 5 Règles du Laïcat Dominicain depuis la fondation de l’Ordre. La Première Règle fut celle promulguée par Munio de Zamora en 1285 pour les « Frères et les Sœurs de la Pénitence de St Dominique ». La Règle de Munio, légèrement amendée, reçut l’approbation Papale en 1405. Cette Règle a traversé les siècles au service du Laïcat et fut adoptée par d’autres branches de la Famille Dominicaine.

La Deuxième Règle, adaptée au nouveau Code de la Loi Canonique de 1917, fut approuvée en 1923 sous le Maître Louis Theissling avec le titre « Règle du Tiers Ordre Séculier de St Dominique ».

Après Vatican II le besoin s’est fait sentir d’avoir une nouvelle Règle ou une mise à jour de la Règle de 1923, en conséquence la Troisième Règle fut approuvée en 1924. Cependant, le Chapitre Général de River Forest en 1968 proposa une Quatrième Règle qui fut promulguée par le Maître Aniceto Fernandez en 1969 et approuvée sur une base expérimentale par la Congrégation pour les Religieux en 1972 sous le titre « Règle des Fraternités Laïques de St Dominique ». De ce fait, la référence au Tiers Ordre disparut pour être conforme à la législation du Chapitre Général de 1974 abolissant les termes tels que « Premier », « Second » et « Tiers Ordre.

Finalement après la promulgation du nouveau Code de la Loi Canonique de 1983 et le Document de Bologne sur la Famille Dominicaine de 1983, le Chapitre Général de Rome en 1983 recommanda au Maître de l’Ordre qu’un congrès international des Laïcs de St Dominique soit célébré afin d’y étudier l’adaptation et le renouvellement de la Règle des Fraternités. Le Congrès fut tenu à Montréal en 1985 et une nouvelle Règle fut élaborée. Donc la Cinquième Règle, les Statuts des Fraternités Laïques Dominicaines, fut approuvée par la Congrégation pour les Religieux et les Instituts Séculiers en janvier 1987 et promulguée par le Maître Damian Byrne le 28 janvier 1987.

Le Laïcat Dominicain est régi par les Statuts des Fraternités Laïques Dominicaines, par les Déclarations Générales du Maître de l’Ordre, par les Chapitres Généraux et par les Directoires Provinciaux ou Nationaux, recouvrant les questions d’organisation et de pratiques locales, comme prévu dans la Règle et les Déclarations Générales. Ces Directoires sont élaborés au niveau local et sont soumis à l’approbation de l’autorité appropriée (LCO 149)

Traduit de:

FRATERNITÉS LAÏQUES DOMINICAINS
1. CONSTITUTION FONDAMENTALE DU LAÏCAT DOMINICAIN

LES LAÏCS DANS L’ÉGLISE
— 1 —
Parmi les disciples du Christ, les hommes et les femmes qui vivent dans le monde participent par leur baptême et leur confirmation à la mission royale, sacerdotale et prophétique de Notre Seigneur Jésus-Christ. « Ils ont vocation de répandre au cœur de l’humanité la présence du Christ, pour que le message divin du salut soit connu et accepté par tous les hommes ». (Décret sur l’apostolat des laïcs §3)
LES LAÏCS DOMINICAINS
— 2 —
Certains d’entre eux, mûs par l’Esprit-Saint pour vivre selon l’esprit et le charisme de saint Dominique, s’incorporent à l’Ordre grâce à un engagement spécial, selon des statuts qui leur sont propres.
LA FAMILLE DOMINICAINE
— 3 —
Ils forment des communautés et constituent avec les autres branches de l’Ordre une seule famille (Livre des Constitutions de l’Ordre, §141).
SPÉCIFICITÉ DU LAÏCAT DOMINICAIN
— 4 —
Ils se caractérisent par une spiritualité propre et par l’engagement au service de Dieu et du prochain dans l’Eglise. Comme membres de l’Ordre, ils participent à sa mission apostolique par la prière, l’étude et la prédication selon leur condition de laïcs.
MISSION APOSTOLIQUE
— 5 —
A l’exemple de saint Dominique, de sainte Catherine de Sienne et de leurs aînés qui ont marqués la vie de l’Ordre et de l’Eglise, appuyés sur une communion fraternelle, ils donnent le témoignage de leur foi, ils sont à l’écoute des nécessités de leur époque et se mettent au service de la vérité.
— 6 —
Ils sont attentifs aux principaux objectifs de l’apostolat contemporain dans le sein de l’Eglise et très spécialement préoccupés de l’authentique miséricorde envers toutes les formes de souffrance, dans la défense de la liberté, de la justice et de la paix.
— 7 —
Animés par le charisme de l’Ordre, ils savent que leur action apostolique doit découler de l’abondance de leur contemplation.
VIE DES FRATERNITÉS
— 8 —
Ils s’efforceront de vivre dans une vraie communion fraternelle, selon l’esprit des Béatitudes ; communion qui se manifestera en toute occasion par des gestes de miséricorde et de partage entre les membres des fraternités, surtout ceux qui sont pauvres ou malades, par la prière pour les défunts, « de sorte que tous n’aient qu’un cœur et qu’une âme ». (Actes 4,32)
— 9 —
Collaborant de tout leur cœur à l’apostolat des Frères et des Sœurs de l’Ordre, les membres des fraternités participeront activement à la vie de l’Eglise, toujours prêts à coopérer avec les autres groupements apostoliques.
— 10 —
Pour progresser dans l’accomplissement de leur vocation, inséparablement contemplative et apostolique, les laïcs de saint Dominique recourront principalement aux sources suivantes :
L’écoute de la Parole de Dieu et la lecture des Écritures, en particulier le Nouveau Testament ;
Une participation active à la célébration liturgique et à l’eucharistie, quotidienne si possible ;
Un recours fréquent au sacrement de réconciliation ;
La prière liturgique en union avec toute la famille dominicaine, aussi bien que l’oraison privée, la méditation et le Rosaire ;
La conversion du cœur par l’esprit et la pratique de la pénitence évangélique ;
L’étude assidue de la vérité révélée et une réflexion constante sur les problèmes contemporains à la lumière de la foi ;
La dévotion de la Vierge Marie, selon la tradition de l’Ordre, ainsi qu’à notre Père saint Dominique et à sainte Catherine de Sienne ;
Les réunions spirituelles périodiques.
FORMATION
— 11 —
Le but de la formation dominicaine est d’engendrer des adultes dans la foi, capables d’accueillir, de célébrer et de proclamer la parole de Dieu.
Chaque province établira dans ce sens un programme :
De formation par étape des nouveaux membres ;
De formation continue pour tous les membres, y compris ceux qui sont isolés.
— 12 —
Un dominicain doit être préparé à prêcher la Parole de Dieu. Cette prédication est l’exercice de la fonction prophétique du baptisé, fortifié par le sacrement de confirmation ; cela implique spécialement la défense de la dignité humaine, de la vie de famille. Le souci de promouvoir l’unité des chrétiens, le dialogue avec les non-chrétiens et les non-croyants fait partie de la vocation dominicaine.
— 13 —
Les principales sources de la formation dominicaine sont :
La parole de Dieu et la réflexion théologique ;
La prière liturgique ;
L’histoire et la tradition de l’Ordre ;
Les documents contemporains de l’Eglise et de l’Ordre ;
La connaissance des signes des temps.
PROFESSION ou ENGAGEMENT
— 14 —
Pour être incorporés à l’Ordre, les membres des fraternités doivent faire un engagement (ou une profession) qui consiste en une promesse formelle de vivre selon l’esprit de saint Dominique et la forme de vie indiquée par la Règle.
Cet engagement (ou profession) peut être temporaire ou définitive.
Elle se fera par cette formule ou une autre substantiellement semblable :
« A l’honneur de Dieu tout-puissant, Père, Fils et Saint-Esprit,
De la bienheureuse Vierge Marie et de saint Dominique,
Moi …….. devant vous ….. (responsable de la Fraternité (ou prieur(e)e)), Et vous …… assistant religieux, représentant le Maître de l’Ordre des Frères Prêcheurs,
Je promets de vivre selon la Règle des laïcs de saint Dominique, pendant trois ans (pendant toute ma vie). »
STRUCTURE et GOUVERNEMENT
— 15 —
La Fraternité est le milieu propre à nourrir et soutenir l’engagement de chacun dans sa vocation.
Le rythme des réunions variera selon les fraternités, l’assiduité à ces réunions témoigne de la fidélité de chacun.
— 16 —
L’admission des nouveaux membres se fait selon les dispositions à déterminer par le Directoire, qui précisera les conditions et les délais d’admission.
Elle relève du (de la) responsable laïc de la fraternité qui, à la suite du vote délibératif du Conseil, procède avec l’assistant religieux, à la réception du candidat, selon un rituel à déterminer par le Directoire.
— 17 —
Après un temps de probation, à déterminer par le Directoire, et après le vote du Conseil de la fraternité, le/la responsable recevra avec l’assistant religieux, l’engagement temporaire ou définitif.
JURIDICTION DE L’ORDRE et AUTONOMIE
— 18 —
Les Fraternités sont sous la juridiction de l’Ordre ; elles jouissent cependant de l’autonomie propre aux laïcs.
Au niveau de l’Ordre universel :
— 19 —
Le Maître de l’Ordre, en tant que successeur de saint Dominique et chef de toute la famille dominicaine, est à la tête de toutes les fraternités du monde.
Il lui revient de maintenir intact l’esprit dominicain, d’édicter les règles pratiques adaptées aux temps et aux lieux, de promouvoir le bien spirituel et le zèle apostolique des membres.
Le promoteur général représente le Maître de l’Ordre pour toutes les fraternités et transmet au Maître de l’Ordre et au Chapitre général les propositions qu’elles lui soumettent.
Au niveau de la Province :
— 20 —
Le Prieur provincial est à la tête des fraternités dans les limites du territoire de sa Province.
Avec l’accord de l’Ordinaire du lieu il érige les nouvelles fraternités, restant sauve la faculté, pour les autorités de l’Ordre, d’ériger une fraternité dans une maison ou église de l’Ordre.
L’Assistant provincial (promoteur provincial) – frère ou sœur de l’Ordre – représente le Prieur provincial et fait partie de droit du Conseil provincial du laïcat. Il est nommé par le Chapitre provincial ou par le Prieur provincial avec son Conseil, après avis du Conseil provincial du laïcat.
Dans le territoire de la Province sera institué un Conseil provincial du laïcat dont les membres seront élus par les fraternités et qui fonctionnera selon les normes des Directoires particuliers.
C’est ce Conseil (Chapitre) qui élira le (la) responsable (ou prieur) provincial(e) laïc.
Au niveau de la Fraternité locale :
— 21 —
La fraternité locale est régie par son (sa) responsable (ou prieur) avec son Conseil : ils sont pleinement responsables du gouvernement et de l’administration de la fraternité.
Le Conseil est élu selon le mode et pour le temps déterminé par les Directoires particuliers.
Les conseillers élisent le président parmi les membres du Conseil.
L’assistant religieux (frère ou sœur de l’Ordre) a une fonction d’assistance doctrinale et spirituelle.
Il est nommé par le Prieur provincial, après avis de l’Assistant (promoteur) provincial et du Conseil local des laïcs.
Conseil national et international :
— 22 —
Lorsqu’il y a plusieurs provinces sur le territoire d’une même nation, on pourra instituer un Conseil national, selon les normes déterminées par les Directoires particuliers.
De même un Conseil international pourra être institué, si cela est jugé utile, après consultation de l’ensemble du laïcat.
— 23 —
Les Conseil de Fraternités peuvent envoyer des pétitions et des vœux au Chapitre provincial des Frères ;
Les Conseils provinciaux et nationaux du laïcat peuvent en adresser au Chapitre général.
Des responsables laïcs seront volontiers invités à ces Chapitres pour traiter des questions qui les concernent.
LES LOIS QUI REGISSENT LE LAÏCAT DOMINICAIN sont :
— 24 —
La Règle des Fraternités ;
Les déclarations générales, soit du Maître de l’Ordre, soit du Chapitre général ;
Les Directoires particuliers.

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p style= »text-align: justify; »>Approbation par le siège apostolique
Aux Fraternités Laïques de Saint Dominique :
Très chers Frères et Sœurs dans le Seigneur et Dominique,
C’est avec joie que je vous remets le texte de la Règle des Fraternités laïques de saint Dominique qui vient d’être définitivement approuvé par la Congrégation pour les Religieux et les Instituts séculiers, le 15 Janvier 1987.
En effet, le texte de la Règle précédente, promulgué en 1969 par le Maître de l’Ordre, Fr. A Fernandez, avait été approuvé « ad experimentum » en 1972 par le Siège apostolique.
Le Chapitre général de Rome en 1983 avait confié au Maître de l’Ordre le soin de réunir un Congrès international des Laïcs de saint Dominique en vue d’adopter et de mettre à jour la Règle des Fraternités laïques. Ce congrès qui s’est heureusement déroulé dans la ville de Montréal, au Canada, du 24 au 29 Juin 1985, a élaboré un texte qui est maintenant définitivement approuvé.
Que cette règle soit, dans vos cœurs et dans vos Fraternités, comme un ferment évangélique pour favoriser la sainteté et promouvoir l’apostolat en union avec toute la Famille dominicaine.
Je vous salue dans le Seigneur
Donné à Rome, le 28 Janvier 1987, en la fête de saint Thomas
Fr J. Martin o.p., Secrétaire
Fr Damien Byrne, Maître de l’Ordre