Chers amis,
 
 
Du 13 avril au 15 avril 2018, les fraternités Fra Angelico et Frassati se sont joint aux Moniales dominicaines de Shawinigan et aux sœurs dominicaines de la Trinité pour notre retraite annuelle.
 
Le thème de la retraite cette année fut : «ouvrir nos cœurs au souffle de Dieu ».Cette retraite s’est ouverte sur une phrase de Pierre Claverie «le moment d’une retraite, pour moi, est toujours le moment de décontraction, d’une décrispation. Autant que possible, essayer de se rendre à nouveau perméable à l’action de Dieu… ». Le ton était donné. 
 
Ce fut suivi d’un court vidéo où le père jésuite Jean-Bernard Livio nous entretenait de la signification de l’esprit dans la Bible : au féminin, en hébreux, l’Esprit, le Souffle peut à la fois rafraîchir et décoiffer. Dieu n’est pas dans la tempête, nous rappelle le père Livio, il est dans la brise légère: sommes-nous capable de percevoir cette brise dans nos vies qui sont parfois tempête? Il y a aussi ce beau texte d’Ezekiel, où l’on nous montre Dieu qui incite Ézékiel à souffler sur les morts pour les remettre sur pied. Brise au cœur de la tempête, souffle qui fait renaître des cendres, voilà l’Esprit auquel nous sommes conviés d’ouvrir nos cœurs! C’est sur ces paroles, et…après quelques jeux de société, que nous sommes allés nous coucher.
 
Le lendemain fut une succession de moments de partage, plus délicieux les uns que les autres. Servir aux Moniales et aux sœurs leur repas du midi, potages, salades et mets végétariens, fut un véritable oasis que l’on s’offrait mutuellement au sein de nos quotidiens. Sourires éclatants et conversations animées témoignaient de cette longue amitié qui nous unit, toujours ravivée lors de cette fête annuelle. Entre les moments de randonnée, les offices religieux et d’autres repas, ceux-ci pris en silence, il y eut trois autres moments de réflexion, ce jour-là. 
 
Tout d’abord, il y eut ce partage sur la notion de Providence, s’appuyant sur un texte de Jacques Lison. Notre ami Louis nous a guidé à travers cette réflexion : qu’en est-il de cette « toute puissance » dont nous affublons Dieu? Et pourquoi Dieu permet-t-il de mal? Intervient-t-il dans tous les détails de notre vie? Et comment concilier cela avec la responsabilité humaine? Faut-il prier pour que Dieu change le cours des choses? Qu’attendons-nous donc des interventions divines? Au fond, qu’est-ce que la Providence et comment se manifeste-t-elle?
 
J’ai compris de cette discussion que Dieu EST cette toute puissance de l’Amour qui veut nous rallier à son projet en cherchant à nous amener, avec la patience du bon parent et la subtilité du psychologue, à épouser sa mentalité d’amour, plutôt que de nous l’imposer – ce qui serait en contradiction absolue avec ce qu’est l’Amour. Comme s’exclamait Lison, quelle maîtrise absolue que de permettre à sa créature de pouvoir Le rejeter en le laissant libre de choisir d’adhérer ou pas, à l’esprit et au plan de la Création. Certes, cette liberté ouvre une brèche à ce que le mal s’infiltre dans ce divin Projet, une aventure aussi risquée pour Lui que pour nous, affirme Lison.
 
Mais voilà, c’est ça, le risque de l’Amour!
 
Loin d’un dieu contrôlant, et contrairement à cette mère qui s’immisce dans toutes les choses de ses enfants, Sa Providence est comme la brise légère, elle souffle sur la rencontre, elle soutient mystérieusement les hommes et les femmes de bonne volonté qui, touchés aux entrailles par la misère des uns des autres, ont endossé la responsabilité de devenir Ses mains, Ses pieds et Sa voix, pour en venir à exaucer Sa Providence.
 
Il nous prend véritablement au sérieux : nous sommes co-créateurs, et Il nous appelle, chacun de nous, à participer, main dans la main, avec Lui, à « Notre » Création! Et nous, nous prenons-nous au sérieux? Nous croyons-nous vraiment partie prenante à cette Création? Avons-nous à cœur de construire un monde dans l’Esprit de la Création? 
 
« Aide-moi à discerner et à faire Ta Volonté », « donne-moi le souffle nécessaire à m’ouvrir à ta mentalité, à harmoniser mon souffle avec le Tien », voilà la prière d’un Grégoire Ahongbonon, simple laïc et ouvrier béninois qui, avec son équipe, en plus de 20 ans, s’est un jour levé pour en venir à réhabiliter plus de 60,000 patients psychiatriques en Afrique de l’Ouest. La Providence, tant de fois, il L’a vue à l’œuvre, qu’il La tutoie, désormais. Savoir La discerner est un art qui s’apprend avec patience et en tenant bon, dans le silence.
 
Et quand Elle apparaît, c’est la vie en abondance qui vous est donnée, et c’est Fête!
 
Après une bonne randonnée ensemble à travers la ville de Shawinigan, nous sommes réunis pour visionner le documentaire «Demain », de Cyril Dion et Mélanie Laurent, Récipiendaire du César du meilleur documentaire 2016, et qui porte sur les solutions créatives qui existent déjà pour réinventer le monde. Nous avons tous été ébloui par ce film : les hommes et les femmes de bonne volonté qu’on y voit, nous ont donné du souffle, il nous ont décoiffé. Ce film a eu sur nous tous l’effet du «lève-toi et marche»! À chaque constat de nos erreurs, fait en toute lucidité, on présente une solution, à la fois claire et accessible. À chacun de nous, ensuite, de décider si l’on veut, oui ou non, participer à la Création! Quelle pierre apporterai-je à cette construction? Inspire-moi, Seigneur! Au fond, n’est-ce pas ce à quoi l’Evangile nous invite, par-delà toutes les étiquettes?!
 
Ce fut ensuite, en soirée, une méditation avec les Moniales, sur un tableau de Velazquez, « La Mulâtre », cette servante attentive, méditative et attentionnée, amalgamant Marthe et Marie, métaphore de l’humain, appelé à être ce serviteur de l’Autre, à l’écoute pour mieux servir les besoins de la Création et la Volonté du Dieu-avec-nous, de Celui qui connaît nos besoins mieux que nous-mêmes!
 
Cette journée s’est terminée sur les Complies ainsi que sur une veillée où chacun, à tour de rôle, assurait une heure de la nuit, à prier en silence devant l’Autel, seul à seul, avec le Souffle.
 
 
Le lendemain : repas et messe, puis, petite présentation sur les Sept dons de l’Esprit, inspiré d’un texte du père Jean-Robert, où l’on apprend que ces dons visent à préparer ce monde meilleur, ce Royaume, dont la finalité est la Rencontre avec l’Amour et notre Joie, notre Créateur. Sagesse, Intelligence, Conseil, Force, Science, Piété, et Crainte (respect et estime) de Dieu, tous ces dons sont répandus là où souffle l’Esprit, qui va et qui vient mystérieusement et là où Il l’entend!
 
Une retraite ressourçante que celle-là, et qui, avec ses moments d’inspiration et d’expiration, nous a permis de nous refaire, pour mieux continuer à poser chacun notre pierre à l’édifice d’un monde meilleur! Merci infiniment à tous ceux et celles qui l’ont préparée et merci à nos sœurs et a nos Moniales chéries pour leur si chaleureuse hospitalité !
Et à l’année prochaine!
 
Benoit Des Roches, op

Ami,

Il n’y a rien de ce que je pourrais vous offrir que vous ne possédiez déjà, mais il y a beaucoup de choses que je ne puis donner et que vous pouvez prendre.Le ciel ne peut descendre jusqu’à nous, à moins que notre cœur n’y trouve aujourd’hui même son repos.

Prenez donc le ciel.

Il n’existe pas de paix dans l’avenir qui ne soit cachée dans le court moment présent.

Prenez donc la Paix.

L’obscurité du monde n’est qu’une ombre. Derrière elle, et cependant à notre portée, se trouve la joie. Il y a dans cette obscurité une splendeur et une joie ineffables, si nous pouvions seulement les voir. Et pour voir, vous n’avez qu’à regarder.

Je vous prie donc de regarder.

La vie est généreuse donatrice, mais nous, qui jugeons ses dons d’après l’apparence extérieure, nous les rejetons, les trouvant laids ou pesants, ou durs.

Enlevons cette enveloppe et nous trouverons au-dessous d’elle, une vivante splendeur, tissée d’amour par la Sagesse, avec d’abondants pouvoirs.

Accueillez-la, saisissez-la et vous toucherez la main de l’ange qui vous l’apporte.

Dans chaque chose que nous appelons une épreuve, un chagrin ou un devoir, se trouve,
croyez-moi, la main de l’Ange ; le Don est là – ainsi que la merveille d’une présence adombrante.

De même pour nos joies : ne vous en contentez pas en tant que joies, elles aussi cachent des dons divins.La vie est tellement emplie de sens et de propos, tellement pleine de beautés au-dessous de son enveloppe, que vous apercevrez que la Terre ne fait que recouvrir votre ciel.

Courage donc pour le réclamer.

C’est tout, mais vous avez du courage et vous savez que nous sommes ensemble des pèlerins qui, à travers des pays inconnus, se dirigent vers leur patrie.

Ainsi, en ce jour de Noël, je vous salue, non pas exactement à la manière dont le monde envoie ses salutations mais avec la Prière : que pour vous, maintenant et à jamais, le jour se lève et les ombres s’enfuient.

Fra Angelico


Jeune, mon père prodiguait parfois, de concert avec ma mère, la bénédiction familiale, en début d’une nouvelle année – une tradition québécoise qui s’est quelque peu perdue, comme bien d’autres, j’en ai bien peur, et dont je ne sais si elle avait cours ailleurs, bien qu’il est très probable qu’il en ait été le cas. L’occasion se voulait solennelle, et emplie de grande émotion, un de ces moments où les rires étouffés des enfants trahissent le malaise de voir mis à nu parmi ce qu’il y a de plus intime: l’espoir. 

Au moment de passer à ce rituel unique, que l’on a pratiqué tout de même assez fréquemment dans notre fraternité au cours des vingt dernières années, avec la bénédiction annuelle des familles par notre aumônier, il me vient à l‘esprit cette expression italienne «ti voglio bene»: «je vous veux du bien, je vous aime». Je crois que cet amalgame entre vouloir le bien de l’autre et l’aimer, est d’une simplicité qui rappelle un peu ce qu’évoquait avec fougue Soeur Emmanuelle: le Bien est partout, il fait partie de la Nature, il est inscrit en nous: nous n’avons de contrôle que celui de nous en détourner, c’est tout. 

Que vouloir d’autre, donc, en cette année 2017 qui s’annonce en mode mineur dans nos médias, une année où murs et fermetures sont mis en exergue, que souhaiter d’autre pour chacun d’entre nous qu’une ouverture radicale à tout le Bien qui nous entoure déjà, à ces Foyers du monde et pèlerinages de Compostelle en gestation; à ce que se multiplient toujours davantage  ces corvées et ces visites surprises chez nos amis, de même que tous ces  moments où notre cœur s’ouvre aux petites confidences du quotidien et qui dilatent nos âmes en peine ce jour-là, et qu’enfin, continuent longtemps encore toutes nos fiestas annuelles où la joie d’être éclate!

Se fermer, c’est l’asphyxie, la crampe, le spasme et l’infarctus: c’est ainsi que la nature est faite. Pourquoi ne pas laisser le Bien circuler, favorisons-en le flot, dilatons notre coeur, laissons être le Réel, et ce…peu importe ! 

De toutes façons, comme le dit Grégoire, «nous avons été, nous sommes et nous serons toujours entre Ses mains», et comme le dit le poète Edward Stachura: 

«…sache que le vrai malheur n’existe pas, seulement le bonheur est réel et nous n’avons pas à le posséder, puisque nous sommes le bonheur.»

Acceptez ma bénédiction, mes bons amis, et que l’Année 2017 vous comble d’être!

Benoît.


Retraite 2016 des fraternités Fra Angelico et Frassati

Cette année encore, ce temps de retraite des fraternités Fra-Angelico et Frassati nous a énergisé, nourrit et comblé au delà de nos attentes. Merci aux moniales, aux sœurs, aux frères et aux laïcs présents pour la qualité de nos échanges, de nos prières, de nos réflexions….

Nous avons développé le thème de la « Miséricorde » au travers de différentes activités et temps de prière. D’abord en images, en choisissant des tableaux représentants des scènes bibliques montrant ce regard plein de compassion de Jésus envers les hommes (l’enfant prodigue, la samaritaine, la brebis perdue, le reniement de Pierre etc.). Nous avons continué en images, en contemplant quelques extraits du film « Human » qui nous montrait des regards de miséricorde d’hommes et de femmes de notre monde.

Le samedi, avec les moniales nous avons eu quelques clés de lecture pour mieux comprendre la richesse des psaumes, leur enseignement et comment ils peuvent être utilisés comme médication pour l’âme dans notre vie quotidienne. Nous avons été invité à nous les approprier par petits bouts et pourquoi pas d’écrire ce qu’ils nous inspirent. Chacun d’entre nous est sorti de ce partage avec le désir d’en approfondir le sens.

L’après midi nous avons regardé des extraits de Kteo où théologiens et moralistes nous développait ce thème de la miséricorde. Nous avons ensuite eu un échange très riche entre nous.

En soirée nous avons regardé un documentaire , « la voie de l’hospitalité » qui nous montrait l’accueil en vérité, de religieux de différentes religions. Une image qui est ressortie de l’échange qui a suivi, c’est celle de l’échelle où chacun monte de son côté pour rejoindre le ciel afin d’être ensemble.

Le dimanche il y a eu la messe avec le magnifique Évangile de Jean sur la pêche miraculeuse. Nous avons terminé notre réflexion avec des textes de dominicains sur l’appel à la miséricorde qui est au cœur de notre engagement dans l’Ordre.

N’oublions pas de parler de nos échanges individuels et en petits groupes avec les sœurs et les moniales, lors du repas festif que nous avons partagé le samedi. Les regards d’amitié lors des repas en silence, les taquineries des uns et des autres preuves de notre grande tendresse fraternelle.

Quelle belle retraite…mille mercis à tous.

Christine

Les commentaires des retraitants :

J’ai beaucoup aimé la première activité qui permettait de mieux comprendre le sens profond de la miséricorde. Ce thème m’habitera probablement toute l’année. Rencontrer les moniales est toujours ressourçant en soi. L’activité sur les psaumes avec Sr Julie et Sr Micheline m’a beaucoup intéressée. On pourrait en faire un thème pour notre fraternité un samedi. J’y ai découvert une richesse qui fera que j’y porterai attention aux messes désormais. Les échanges étaient toujours nourrissants. Et participer aux offices m’a permis de vivre de beaux moments de paix. Ce fut une  très belle retraite!

 Anick Panet-Raymond

 

Temps de joie et de retrouvailles…

Temps de silence et de mystères…

Temps de partages et de ressourcement…

TEMPS SUSPENDU . Céline

 

Une merveilleuse fin de semaine de retraite avec celles qui sont devenues nos amies, les moniales dominicaines, et celles qui sont en train de le devenir, les soeurs dominicaines de la Trinité. Merci pour cet incontournable opportunité annuelle qui me permet de sortir de mon quotidien, de refaire le point sur ma vie et ma foi. Merci à nos gentilles organisatrices. L’activité du vendredi soir sur la Miséricorde nous a permis de bien donner le ton. La rencontre avec soeur Julie et soeur Micheline sur les psaumes a été une révélation pour moi. Elles creusent ces texte à tous les jours et ça m’a permis de comprendre un peu mieux. J’ai manqué une partie de l’activité de l’après-midi, mais le concept de la retraite c’est aussi de se reposer, et vive la sieste… Un beau film en soirée suivi d’un échange à plusieurs, encore une fois passionnant. Et le dimanche, un dernier échange qui nous fait grandir. Le tout sans oublier les offices qui nous remettent en contact avec Dieu. Wow !

 Martin Lefrancois

 

Merci pour la retraite et pour votre amitié. Elle m’est très précieuse.

Voici les 150 psaumes, récités par des comédiens, accompagnés d’un instrument que je ne connais pas mais qui ressemble à une battement de coeur parfois, et un commentaire d’un dominicain (tous sont des dominicains je pense). Ils sont forts quand même ces dominicains de Lille! Plus de raison de ne pas prier avec les psaumes!!! Ils sont disponibles en podcast donc on peut les mettre sur nos téléphones….
http://psaume.retraitedanslaville.org/tous-les-psaumes

Bonne semaine, Marie-Claude


Recueillement  (2 min) autour du VISUEL de la semaine

 

Seigneur Dieu,

Je vous  demande de m’aider, de tous nous aider à toujours avoir passionnément  l’autre à cœur, de toujours avoir l’autre en tête, et de toujours chercher son bien le meilleur.

Que si survient un différend, que je puisse être le premier à vouloir renouer, que je sois le premier à vouloir réparer.

Que cette mentalité puisse animer tous et chacun en me voyant le vivre au quotidien avec mes frères et mes sœurs.

Que  cette mentalité, inspirée par Votre Esprit, puisse prévaloir dans mon cœur  et dans le cœur de ceux qui nous mènent

Puissiez-vous  m’allumer et nous allumer tous à vouloir passionnément  répandre ces attitudes autour de nous par notre exemple.

Puisse la Paix du Cœur ainsi devenir contagieuse et amener les pires impasses à résolution.

Puissiez-vous me donner à croire passionnément et de toutes mes forces que cela adviendra  véritablement puisque nous vous le demandons, tout en reconnaissant  bien qu’il en sera fait selon Votre Volonté et Votre infinie Sagesse

Amen.

TEMPS DE SILENCE (2 min)

PSAUME du mercredi 30 décembre 2015-  http://aelf.org
Ps 95 (96), 7-8a, 8b-9, 10

R/

Joie au ciel ! Exulte la terre

(Ps 95, 11a)

Rendez au Seigneur, familles des peuples
rendez au Seigneur la gloire et la puissance,
rendez au Seigneur la gloire de son nom.

Apportez votre offrande, entrez dans ses parvis,
adorez le Seigneur, éblouissant de sainteté :
tremblez devant lui, terre entière.

Allez dire aux nations : « Le Seigneur est roi ! »
Le monde, inébranlable, tient bon.
Il gouverne les peuples avec droiture.

TEMPS DE SILENCE (2 min)


Le TEXTE de la semaine : (4ième partie/4)

Misericordiae Vultus

BULLE D’INDICTION
DU JUBILÉ EXTRAORDINAIRE
DE LA MISÉRICORDE

FRANÇOIS
EVÊQUE DE ROME
SERVITEUR DES SERVITEURS DE DIEU
À CEUX QUI LIRONT CETTE LETTRE
GRÂCE, MISÉRICORDE ET PAIX

19. Que puisse parvenir à tous la parole de pardon et que l’invitation à faire l’expérience de la miséricorde ne laisse personne indifférent! Mon appel à la conversion s’adresse avec plus d’insistance à ceux qui se trouvent éloignés de la grâce de Dieu en raison de leur conduite de vie. Je pense en particulier aux hommes et aux femmes qui font partie d’une organisation criminelle quelle qu’elle soit. Pour votre bien, je vous demande de changer de vie. Je vous le demande au nom du Fils de Dieu qui, combattant le péché, n’a jamais rejeté aucun pécheur. Ne tombez pas dans le terrible piège qui consiste à croire que la vie ne dépend que de l’argent, et qu’à côté, le reste n’aurait ni valeur, ni dignité. Ce n’est qu’une illusion. Nous n’emportons pas notre argent dans l’au-delà. L’argent ne donne pas le vrai bonheur. La violence pour amasser de l’argent qui fait couler le sang ne rend ni puissant, ni immortel. Tôt ou tard, le jugement de Dieu viendra, auquel nul ne pourra échapper.

Le même appel s’adresse aux personnes fautives ou complices de corruption. Cette plaie puante de la société est un péché grave qui crie vers le ciel, car il mine jusqu’au fondement de la vie personnelle et sociale. La corruption empêche de regarder l’avenir avec espérance, parce que son arrogance et son avidité anéantissent les projets des faibles et chassent les plus pauvres. C’est un mal qui prend racine dans les gestes quotidiens pour s’étendre jusqu’aux scandales publics. La corruption est un acharnement dans le péché qui entend substituer à Dieu l’illusion de l’argent comme forme de pouvoir. C’est une oeuvre des ténèbres, qui s’appuie sur la suspicion et l’intrigue. Corruptio optimi pessima, disait avec raison saint Grégoire le Grand, pour montrer que personne n’est exempt de cette tentation. Pour la vaincre dans la vie individuelle et sociale, il faut de la prudence, de la vigilance, de la loyauté, de la transparence, le tout en lien avec le courage de la dénonciation. Si elle n’est pas combattue ouvertement, tôt ou tard on s’en rend complice et elle détruit l’existence.

Voici le moment favorable pour changer de vie ! Voici le temps de se laisser toucher au coeur. Face au mal commis, et même aux crimes graves, voici le moment d’écouter pleurer les innocents dépouillés de leurs biens, de leur dignité, de leur affection, de leur vie même. Rester sur le chemin du mal n’est que source d’illusion et de tristesse. La vraie vie est bien autre chose. Dieu ne se lasse pas de tendre la main. Il est toujours prêt à écouter, et moi aussi je le suis, comme mes frères évêques et prêtres. Il suffit d’accueillir l’appel à la conversion et de se soumettre à la justice, tandis que l’Eglise offre la miséricorde.

20. Dans ce contexte, il n’est pas inutile de rappeler le rapport entre justice et miséricorde. Il ne s’agit pas de deux aspects contradictoires, mais de deux dimensions d’une unique réalité qui se développe progressivement jusqu’à atteindre son sommet dans la plénitude de l’amour. La justice est un concept fondamental pour la société civile, quand la référence normale est l’ordre juridique à travers lequel la loi s’applique. La justice veut que chacun reçoive ce qui lui est dû. Il est fait référence de nombreuses fois dans la Bible à la justice divine et à Dieu comme juge. On entend par là l’observance intégrale de la Loi et le comportement de tout bon israëlite conformément aux commandements de Dieu. Cette vision est cependant souvent tombée dans le légalisme, déformant ainsi le sens originel et obscurcissant le sens profond de la justice. Pour dépasser cette perspective légaliste, il faut se rappeler que dans l’Ecriture, la justice est essentiellement conçue comme un abandon confiant à la volonté de Dieu.

Pour sa part, Jésus s’exprime plus souvent sur l’importance de la foi que sur l’observance de la loi. C’est en ce sens qu’il nous faut comprendre ses paroles, lorsqu’à table avec Matthieu et d’autres publicains et pécheurs, il dit aux pharisiens qui le critiquent: «Allez apprendre ce que signifie: Je veux la miséricorde, non le sacrifice. En effet, je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs» (Mt 9, 13). En face dune vision de la justice comme simple observance de la loi qui divise entre justes et pécheurs, Jésus indique le grand don de la miséricorde qui va à la recherche des pécheurs pour leur offrir le pardon et le salut. On comprend alors pourquoi Jésus fut rejeté par les pharisiens et les docteurs de la loi, à cause de sa vision libératrice et source de renouveau. Pour être fidèles à la loi, ils posaient des poids sur les épaules des gens, rendant vaine la miséricorde du Père. Le respect de la loi ne peut faire obstacle aux exigences de la dignité humaine.

L’évocation que fait Jésus du prophète Osée – «Je veux la fidélité, non le sacrifice» (6, 6) – est très significative. Jésus affirme que la règle de vie de ses disciples devra désormais intégrer le primat de la miséricorde, comme Lui-même en a témoigné, partageant son repas avec les pécheurs. La miséricorde se révèle une nouvelle fois comme une dimension fondamentale de la mission de Jésus. Elle est un véritable défi face à ses interlocuteurs qui s’arrêtaient au respect formel de la loi. Jésus au contraire, va au-delà de la loi; son partage avec ceux que la loi considérait comme pécheurs fait comprendre jusqu’où va sa miséricorde.

L’apôtre Paul a parcouru un chemin similaire. Avant de rencontrer le Christ sur le chemin de Damas, il consacrait sa vie à observer de manière irréprochable la justice de la loi (cf. Ph 3, 6). La conversion au Christ l’amena à changer complètement de regard, au point qu’il affirme dans la Lettre aux Galates: «Nous avons cru, nous aussi, au Christ Jésus pour devenir des justes par la foi au Christ, et non par la pratique de la Loi» (2, 16). Sa compréhension de la justice change radicalement. Paul situe désormais en premier la foi, et non plus la loi. Ce n’est pas l’observance de la loi qui sauve, mais la foi en Jésus-Christ, qui par sa mort et sa résurrection, nous a donné la miséricorde qui justifie. La justice de Dieu devient désormais libération pour ceux qui sont esclaves du péché et de toutes ses conséquences. La justice de Dieu est son pardon (cf. Ps 50, 11-16).

21. La miséricorde n’est pas contraire à la justice, mais illustre le comportement de Dieu envers le pécheur, lui offrant une nouvelle possibilité de se repentir, de se convertir et de croire. Ce qu’a vécu le prophète Osée nous aide à voir le dépassement de la justice par la miséricorde. L’époque de ce prophète est parmi les plus dramatiques de l’histoire du peuple hébreu. Le Royaume est près d’être détruit; le peuple nest pas demeuré fidèle à lalliance, il sest éloigné de Dieu et a perdu la foi des Pères. Suivant une logique humaine, il est juste que Dieu pense à rejeter le peuple infidèle: il na pas été fidèle au pacte, et il mérite donc la peine prévue, cest-à-dire lexil. Les paroles du prophète lattestent: «Il ne retournera pas au pays d’Égypte; Assour deviendra son roi, car ils ont refusé de revenir à moi» (Os 11, 5). Cependant, après cette réaction qui se réclame de la justice, le prophète change radicalement son langage et révèle le vrai visage de Dieu: «Mon cœur se retourne contre moi; en même temps, mes entrailles frémissent. Je n’agirai pas selon l’ardeur de ma colère, je ne détruirai plus Israël, car moi, je suis Dieu, et non pas homme: au milieu de vous je suis le Dieu saint, et je ne viens pas pour exterminer» (11, 8-9). Commentant les paroles du prophète, saint Augustin écrit: «Il est plus facile pour Dieu de retenir la colère plutôt que la miséricorde».[13] C’est exactement ainsi. La colère de Dieu ne dure qu’un instant, et sa miséricorde est éternelle.

Si Dieu s’arrêtait à la justice, il cesserait d’être Dieu; il serait comme tous les hommes qui invoquent le respect de la loi. La justice seule ne suffit pas et l’expérience montre que faire uniquement appel à elle risque de l’anéantir. C’est ainsi que Dieu va au-delà de la justice avec la miséricorde et le pardon. Cela ne signifie pas dévaluer la justice ou la rendre superflue, au contraire. Qui se trompe devra purger sa peine, mais ce n’est pas là le dernier mot, mais le début de la conversion, en faisant l’expérience de la tendresse du pardon. Dieu ne refuse pas la justice. Il l’intègre et la dépasse dans un événement plus grand dans lequel on fait l’expérience de l’amour, fondement d’une vraie justice. Il nous faut prêter grande attention à ce qu’écrit Paul pour ne pas faire la même erreur que l’Apôtre reproche à ses contemporains juifs: «En ne reconnaissant pas la justice qui vient de Dieu, et en cherchant à instaurer leur propre justice, ils ne se sont pas soumis à la justice de Dieu. Car l’aboutissement de la Loi, c’est le Christ, afin que soit donnée la justice à toute personne qui croit» (Rm 10, 3-4). Cette justice de Dieu est la miséricorde accordée à tous comme une grâce venant de la mort et de la résurrection de Jésus-Christ. La Croix du Christ est donc le jugement de Dieu sur chacun de nous et sur le monde, puisqu’elle nous donne la certitude de l’amour et de la vie nouvelle.

22. Le jubilé amène la réflexion sur l’indulgence. Elle revêt une importance particulière au cours de cette Année Sainte. Le pardon de Dieu pour nos péchés n’a pas de limite. Dans la mort et la résurrection de Jésus-Christ, Dieu rend manifeste cet amour qui va jusqu’à détruire le péché des hommes. Il est possible de se laisser réconcilier avec Dieu à travers le mystère pascal et la médiation de l’Eglise. Dieu est toujours prêt au pardon et ne se lasse jamais de l’offrir de façon toujours nouvelle et inattendue. Nous faisons tous l’expérience du péché. Nous sommes conscients d’être appelés à la perfection (cf. Mt 5, 48), mais nous ressentons fortement le poids du péché. Quand nous percevons la puissance de la grâce qui nous transforme, nous faisons l’expérience de la force du péché qui nous conditionne. Malgré le pardon, notre vie est marquée par les contradictions qui sont la conséquence de nos péchés. Dans le sacrement de la Réconciliation, Dieu pardonne les péchés, et ils sont réellement effacés, cependant que demeure l’empreinte négative des péchés dans nos comportements et nos pensées. La miséricorde de Dieu est cependant plus forte que ceci. Elle devient indulgence du Père qui rejoint le pécheur pardonné à travers l’Epouse du Christ, et le libère de tout ce qui reste des conséquences du péché, lui donnant d’agir avec charité, de grandir dans l’amour plutôt que de retomber dans le péché.

L’Eglise vit la communion des saints. Dans l’eucharistie, cette communion, qui est don de Dieu, est rendue présente comme une union spirituelle qui lie les croyants avec les Saints et les Bienheureux dont le nombre est incalculable (cf. Ap 7,4). Leur sainteté vient au secours de notre fragilité, et la Mère Eglise est ainsi capable, par sa prière et sa vie, d’aller à la rencontre de la faiblesse des uns avec la sainteté des autres. Vivre l’indulgence de l’Année Sainte, c’est s’approcher de la miséricorde du Père, avec la certitude que son pardon s’étend à toute la vie des croyants. L’indulgence, c’est l’expérience de la sainteté de l’Eglise qui donne à tous de prendre part au bénéfice de la rédemption du Christ, en faisant en sorte que le pardon parvienne jusqu’aux extrêmes conséquences que rejoint l’amour de Dieu. Vivons intensément le Jubilé, en demandant au Père le pardon des péchés et l’étendue de son indulgence miséricordieuse.

23. La valeur de la miséricorde dépasse les frontières de l’Eglise. Elle est le lien avec le Judaïsme et l’Islam qui la considèrent comme un des attributs les plus significatifs de Dieu. Israël a d’abord reçu cette révélation qui demeure dans l’histoire comme le point de départ d’une richesse incommensurable à offrir à toute l’humanité. Nous l’avons vu, les pages de l’Ancien Testament sont imprégnées de miséricorde, puisqu’elles racontent les oeuvres accomplies par le Seigneur en faveur de son peuple dans les moments les plus difficiles de son histoire. L’Islam de son côté, attribue au Créateur les qualificatifs de Miséricordieux et Clément. On retrouve souvent ces invocations sur les lèvres des musulmans qui se sentent accompagnés et soutenus par la miséricorde dans leur faiblesse quotidienne. Eux aussi croient que nul ne peut limiter la miséricorde divine car ses portes sont toujours ouvertes.

Que cette Année Jubilaire, vécue dans la miséricorde, favorise la rencontre avec ces religions et les autres nobles traditions religieuses. Qu’elle nous rende plus ouverts au dialogue pour mieux nous connaître et nous comprendre. Qu’elle chasse toute forme de fermeture et de mépris. Qu’elle repousse toute forme de violence et de discrimination.

24. Que notre pensée se tourne vers la Mère de la Miséricorde. Que la douceur de son regard nous accompagne en cette Année Sainte, afin que tous puissent redécouvrir la joie de la tendresse de Dieu. Personne n’a connu comme Marie la profondeur du mystère de Dieu fait homme. Sa vie entière fut modelée par la présence de la miséricorde faite chair. La Mère du Crucifié Ressuscité est entrée dans le sanctuaire de la miséricorde divine en participant intimement au mystère de son amour.

Choisie pour être la Mère du Fils de Dieu, Marie fut préparée depuis toujours par l’amour du Père pour être l’Arche de l’Alliance entre Dieu et les hommes. Elle a gardé dans son coeur la divine miséricorde en parfaite syntonie avec son Fils Jésus. Son chant de louange, au seuil de la maison d’Elisabeth, fut consacré à la miséricorde qui s’étend «d’âge en âge» (Lc 1, 50). Nous étions nous aussi présents dans ces paroles prophétiques de la Vierge Marie, et ce sera pour nous un réconfort et un soutien lorsque nous franchirons la Porte Sainte pour goûter les fruits de la miséricorde divine.

Près de la croix, Marie avec Jean, le disciple de l’amour, est témoin des paroles de pardon qui jaillissent des lèvres de Jésus. Le pardon suprême offert à qui l’a crucifié nous montre jusqu’où peut aller la miséricorde de Dieu. Marie atteste que la miséricorde du Fils de Dieu n’a pas de limite et rejoint tout un chacun sans exclure personne. Adressons lui l’antique et toujours nouvelle prière du Salve Regina, puisqu’elle ne se lasse jamais de poser sur nous un regard miséricordieux, et nous rend dignes de contempler le visage de la miséricorde, son Fils Jésus.

Que notre prière s’étende aussi à tant de Saints et de Bienheureux qui ont fait de la miséricorde la mission de leur vie. Cette pensée s’adresse en particulier à la grande apôtre de la miséricorde, Sainte Faustine Kowalska. Elle qui fut appelée à entrer dans les profondeurs de la miséricorde divine, qu’elle intercède pour nous et nous obtienne de vivre et de cheminer toujours dans le pardon de Dieu et dans l’inébranlable confiance en son amour.

25. Une Année Sainte extraordinaire pour vivre dans la vie de chaque jour la miséricorde que le Père répand sur nous depuis toujours. Au cours de ce Jubilé, laissons-nous surprendre par Dieu. Il ne se lasse jamais d’ouvrir la porte de son coeur pour répéter qu’il nous aime et qu’il veut partager sa vie avec nous. L’Eglise ressent fortement l’urgence d’annoncer la miséricorde de Dieu. La vie de l’Eglise est authentique et crédible lorsque la miséricorde est l’objet d’une annonce convaincante. Elle sait que sa mission première, surtout à notre époque toute remplie de grandes espérances et de fortes contradictions, est de faire entrer tout un chacun dans le grand mystère de la miséricorde de Dieu, en contemplant le visage du Christ. L’Eglise est d’abord appelée à être témoin véridique de la miséricorde, en la professant et en la vivant comme le centre de la Révélation de Jésus-Christ. Du cœur de la Trinité, du plus profond du mystère de Dieu, jaillit et coule sans cesse le grand fleuve de la miséricorde. Cette source ne sera jamais épuisée pour tous ceux qui s’en approcheront. Chaque fois qu’on en aura besoin, on pourra y accéder, parce que la miséricorde de Dieu est sans fin. Autant la profondeur du mystère renfermé est insondable, autant la richesse qui en découle est inépuisable.

Qu’en cette Année Jubilaire l’Eglise fasse écho à la Parole de Dieu qui résonne, forte et convaincante, comme une parole et un geste de pardon, de soutien, d’aide, d’amour. Qu’elle ne se lasse jamais d’offrir la miséricorde et soit toujours patiente pour encourager et pardonner. Que l’Eglise se fasse la voix de tout homme et de toute femme, et répète avec confiance et sans relâche: «Rappelle-toi, Seigneur, ta tendresse, ton amour qui est de toujours» (Ps 25, 6).

Donné à Rome, près de Saint Pierre, le 11 avril Veille du IIème Dimanche de Pâques ou de la Divine Miséricorde, de l’An du Seigneur 2015, le troisième de mon pontificat.

Franciscus

 

Méditation (5 min)

 

Intentions de prière libres

 

CHANT de Taizé : Laudate Dominum

 

3 (Je vous salue Marie)

Le Notre Père


Recueillement  (2 min) autour du VISUEL de la semaine

Seigneur Dieu,

Je vous  demande de m’aider, de tous nous aider à toujours avoir passionnément  l’autre à cœur, de toujours avoir l’autre en tête, et de toujours chercher son bien le meilleur.

Que si survient un différend, que je puisse être le premier à vouloir renouer, que je sois le premier à vouloir réparer.

Que cette mentalité puisse animer tous et chacun en me voyant le vivre au quotidien avec mes frères et mes sœurs.

Que  cette mentalité, inspirée par Votre Esprit, puisse prévaloir dans mon cœur  et dans le cœur de ceux qui nous mènent

Puissiez-vous  m’allumer et nous allumer tous à vouloir passionnément  répandre ces attitudes autour de nous par notre exemple.

Puisse la Paix du Cœur ainsi devenir contagieuse et amener les pires impasses à résolution.

Puissiez-vous me donner à croire passionnément et de toutes mes forces que cela adviendra  véritablement puisque nous vous le demandons, tout en reconnaissant  bien qu’il en sera fait selon Votre Volonté et Votre infinie Sagesse

Amen.

TEMPS DE SILENCE (2 min)

PSAUME du mercredi 23 décembre 2015-  http://aelf.org
Ps 24 (25), 4-5ab, 8-9, 10.14

R/

Redressez-vous et relevez la tête,
car votre rédemption approche.

(Lc 21, 28)

Seigneur, enseigne-moi tes voies,
fais-moi connaître ta route.
Dirige-moi par ta vérité, enseigne-moi,
car tu es le Dieu qui me sauve.

Il est droit, il est bon, le Seigneur,
lui qui montre aux pécheurs le chemin.
Sa justice dirige les humbles,
il enseigne aux humbles son chemin.

Les voies du Seigneur sont amour et vérité
pour qui veille à son alliance et à ses lois.
Le secret du Seigneur est pour ceux qui le craignent ;
à ceux-là, il fait connaître son alliance.

TEMPS DE SILENCE (2 min)


Le TEXTE de la semaine : (3ième partie/4)

Misericordiae Vultus

BULLE D’INDICTION
DU JUBILÉ EXTRAORDINAIRE
DE LA MISÉRICORDE

FRANÇOIS
EVÊQUE DE ROME
SERVITEUR DES SERVITEURS DE DIEU
À CEUX QUI LIRONT CETTE LETTRE
GRÂCE, MISÉRICORDE ET PAIX

14. Le pèlerinage est un signe particulier de l’Année Sainte: il est limage du chemin que chacun parcourt au long de son existence. La vie est un pèlerinage, et l’être humain un viator, un pèlerin qui parcourt un chemin jusqu’au but désiré. Pour passer la Porte Sainte à Rome, et en tous lieux, chacun devra, selon ses forces, faire un pèlerinage. Ce sera le signe que la miséricorde est un but à atteindre, qui demande engagement et sacrifice. Que le pèlerinage stimule notre conversion: en passant la Porte Sainte, nous nous laisserons embrasser par la miséricorde de Dieu, et nous nous engagerons à être miséricordieux avec les autres comme le Père l’est avec nous.

Le Seigneur Jésus nous montre les étapes du pèlerinage à travers lequel nous pouvons atteindre ce but: «Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés. Pardonnez, et vous serez pardonnés. Donnez, et lon vous donnera: cest une mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante, qui sera versée dans le pan de votre vêtement; car la mesure dont vous vous servez pour les autres servira de mesure aussi pour vous» (Lc 6, 37-38). Il nous est dit, dabord, de ne pas juger, et de ne pas condamner. Si l’on ne veut pas être exposé au jugement de Dieu, personne ne doit devenir juge de son frère. De fait, en jugeant, les hommes s’arrêtent à ce qui est superficiel, tandis que le Père regarde les coeurs. Que de mal les paroles ne font-elles pas lorsqu’elles sont animées par des sentiments de jalousie ou d’envie! Mal parler du frère en son absence, cest le mettre sous un faux jour, cest compromettre sa réputation et labandonner aux ragots. Ne pas juger et ne pas condamner signifie, de façon positive, savoir accueillir ce qu’il y a de bon en toute personne et ne pas permettre qu’elle ait à souffrir de notre jugement partiel et de notre prétention à tout savoir. Ceci n’est pas encore suffisant pour exprimer ce qu’est la miséricorde. Jésus demande aussi de pardonner et de donner, d’être instruments du pardon puisque nous l’avons déjà reçu de Dieu, d’être généreux à l’égard de tous en sachant que Dieu étend aussi sa bonté pour nous avec grande magnanimité.

Miséricordieux comme le Père, c’est donc la “devise de l’Année Sainte. Dans la miséricorde, nous avons la preuve de la façon dont Dieu aime. Il se donne tout entier, pour toujours, gratuitement, et sans rien demander en retour. Il vient à notre secours lorsque nous l’invoquons. Il est beau que la prière quotidienne de l’Eglise commence avec ces paroles: «Mon Dieu, viens me délivrer; Seigneur, viens vite à mon secours» (Ps 69, 2). L’aide que nous implorons est déjà le premier pas de la miséricorde de Dieu à notre égard. Il vient nous sauver de la condition de faiblesse dans laquelle nous vivons. Son aide consiste à rendre accessible sa présence et sa proximité. Touchés jour après jour par sa compassion, nous pouvons nous aussi devenir compatissants envers tous.

15. Au cours de cette Année Sainte, nous pourrons faire l’expérience d’ouvrir le coeur à ceux qui vivent dans les périphéries existentielles les plus différentes, que le monde moderne a souvent créées de façon dramatique. Combien de situations de précarité et de souffrance n’existent-elles pas dans le monde d’aujourd’hui! Combien de blessures ne sont-elles pas imprimées dans la chair de ceux qui nont plus de voix parce que leur cri sest évanoui et sest tu à cause de lindifférence des peuples riches ! Au cours de ce Jubilé, l’Eglise sera encore davantage appelée à soigner ces blessures, à les soulager avec l’huile de la consolation, à les panser avec la miséricorde et à les soigner par la solidarité et l’attention. Ne tombons pas dans l’indifférence qui humilie, dans l’habitude qui anesthésie l’âme et empêche de découvrir la nouveauté, dans le cynisme destructeur. Ouvrons nos yeux pour voir les misères du monde, les blessures de tant de frères et soeurs privés de dignité, et sentons-nous appelés à entendre leur cri qui appelle à l’aide. Que nos mains serrent leurs mains et les attirent vers nous afin qu’ils sentent la chaleur de notre présence, de l’amitié et de la fraternité. Que leur cri devienne le nôtre et qu’ensemble, nous puissions briser la barrière d’indifférence qui règne souvent en souveraine pour cacher l’hypocrisie et l’égoïsme.

J’ai un grand désir que le peuple chrétien réfléchisse durant le Jubilé sur les œuvres de miséricorde corporelles et spirituelles. Ce sera une façon de réveiller notre conscience souvent endormie face au drame de la pauvreté, et de pénétrer toujours davantage le coeur de l’Evangile, où les pauvres sont les destinataires privilégiés de la miséricorde divine. La prédication de Jésus nous dresse le tableau de ces oeuvres de miséricorde, pour que nous puissions comprendre si nous vivons, oui ou non, comme ses disciples. Redécouvrons les oeuvres de miséricorde corporelles: donner à manger aux affamés, donner à boire à ceux qui ont soif, vêtir ceux qui sont nus, accueillir les étrangers, assister les malades, visiter les prisonniers, ensevelir les morts. Et n’oublions pas les oeuvres de miséricorde spirituelles: conseiller ceux qui sont dans le doute, enseigner les ignorants, avertir les pécheurs, consoler les affligés, pardonner les offenses, supporter patiemment les personnes ennuyeuses, prier Dieu pour les vivants et pour les morts.

Nous ne pouvons pas échapper aux paroles du Seigneur et c’est sur elles que nous serons jugés: aurons-nous donné à manger à qui a faim et à boire à qui a soif? Aurons-nous accueilli l’étranger et vêtu celui qui était nu? Aurons-nous pris le temps de demeurer auprès de celui qui est malade et prisonnier? (cf. Mt 25, 31-45). De même, il nous sera demandé si nous avons aidé à sortir du doute qui engendre la peur, et bien souvent la solitude; si nous avons été capable de vaincre l’ignorance dans laquelle vivent des millions de personnes, surtout des enfants privés de l’aide nécessaire pour être libérés de la pauvreté, si nous nous sommes faits proches de celui qui est seul et affligé; si nous avons pardonné à celui qui nous offense, si nous avons rejeté toute forme de rancoeur et de haine qui porte à la violence, si nous avons été patients à l’image de Dieu qui est si patient envers nous; si enfin, nous avons confié au Seigneur, dans la prière nos frères et soeurs. C’est dans chacun de ces «plus petits» que le Christ est présent. Sa chair devient de nouveau visible en tant que corps torturé, blessé, flagellé, affamé, égaré… pour être reconnu par nous, touché et assisté avec soin. N’oublions pas les paroles de Saint Jean de la Croix: «Au soir de notre vie, nous serons jugés sur lamour».[12]

16. Dans l’Evangile de Luc, nous trouvons un autre aspect important pour vivre avec foi ce Jubilé. L’évangéliste raconte qu’un jour de sabbat, Jésus retourna à Nazareth, et comme il avait l’habitude de le faire, il entra dans la synagogue. On l’appela pour lire l’Ecriture et la commenter. C’était le passage du prophète Isaïe où il est écrit: «Lesprit du Seigneur Dieu est sur moi parce que le Seigneur ma consacré par l’onction. Il m’a envoyé annoncer la bonne nouvelle aux humbles, guérir ceux qui ont le cœur brisé, proclamer aux captifs leur délivrance, aux prisonniers leur libération, proclamer une année de bienfaits accordée par le Seigneur» (Is 61, 1-2). «Une année de bienfaits»: cest ce que le Seigneur annonce et que nous voulons vivre. Que cette Année Sainte expose la richesse de la mission de Jésus qui résonne dans les paroles du Prophète: dire une parole et faire un geste de consolation envers les pauvres, annoncer la libération de ceux qui sont esclaves dans les nouvelles prisons de la société moderne, redonner la vue à qui n’est plus capable de voir car recroquevillé sur lui-même, redonner la dignité à ceux qui en sont privés. Que la prédication de Jésus soit de nouveau visible dans les réponses de foi que les chrétiens sont amenés à donner par leur témoignage. Que les paroles de l’Apôtre nous accompagnent: «celui qui pratique la miséricorde, quil ait le sourire» (Rm 12, 8).

17. Puisse le Carême de cette Année Jubilaire être vécu plus intensément comme un temps fort pour célébrer et expérimenter la miséricorde de Dieu. Combien de pages de l’Ecriture peuvent être méditées pendant les semaines du Carême, pour redécouvrir le visage miséricordieux du Père! Nous pouvons nous aussi répéter avec Michée: Toi, Seigneur, tu es un Dieu qui efface liniquité et pardonne le péché. De nouveau, tu nous montreras ta miséricorde, tu fouleras aux pieds nos crimes, tu jetteras au fond de la mer tous nos péchés! (cf. 7, 18-19).

Ces pages du prophète Isaïe pourront être méditées plus concrètement en ce temps de prière, de jeûne et de charité: «Le jeûne qui me plaît, nest-ce pas ceci: faire tomber les chaînes injustes, délier les attaches du joug, rendre la liberté aux opprimés, briser tous les jougs? Nest-ce pas partager ton pain avec celui qui a faim, accueillir chez toi les pauvres sans abri, couvrir celui que tu verras sans vêtement, ne pas te dérober à ton semblable? Alors ta lumière jaillira comme laurore, et tes forces reviendront vite. Devant toi marchera ta justice, et la gloire du Seigneur fermera la marche. Alors, si tu appelles, le Seigneur répondra; si tu cries, il dira: «Me voici.» Si tu fais disparaître de chez toi le joug, le geste accusateur, la parole malfaisante, si tu donnes à celui qui a faim ce que toi, tu désires, et si tu combles les désirs du malheureux, ta lumière se lèvera dans les ténèbres et ton obscurité sera lumière de midi. Le Seigneur sera toujours ton guide. En plein désert, il comblera tes désirs et te rendra vigueur. Tu seras comme un jardin bien irrigué, comme une source où les eaux ne manquent jamais» (Is 58, 6-11).

L’initiative appelée «24 heures pour le Seigneur» du vendredi et samedi qui précèdent le IVème dimanche de Carême doit monter en puissance dans les diocèses. Tant de personnes se sont de nouveau approchées du sacrement de Réconciliation, et parmi elles de nombreux jeunes, qui retrouvent ainsi le chemin pour revenir au Seigneur, pour vivre un moment de prière intense, et redécouvrir le sens de leur vie. Avec conviction, remettons au centre le sacrement de la Réconciliation, puisqu’il donne à toucher de nos mains la grandeur de la miséricorde. Pour chaque pénitent, ce sera une source d’une véritable paix intérieure.

Je ne me lasserai jamais d’insister pour que les confesseurs soient un véritable signe de la miséricorde du Père. On ne s’improvise pas confesseur. On le devient en se faisant d’abord pénitent en quête de pardon. N’oublions jamais qu’être confesseur, c’est participer à la mission de Jésus d’être signe concret de la continuité d’un amour divin qui pardonne et qui sauve. Chacun de nous a reçu le don de l’Esprit Saint pour le pardon des péchés, nous en sommes responsables. Nul d’entre nous n’est maître du sacrement, mais un serviteur fidèle du pardon de Dieu. Chaque confesseur doit accueillir les fidèles comme le père de la parabole du fils prodigue: un père qui court à la rencontre du fils bien quil ait dissipé tous ses biens. Les confesseurs sont appelés à serrer sur eux ce fils repentant qui revient à la maison, et à exprimer la joie de l’avoir retrouvé. Ils ne se lasseront pas non plus d’aller vers l’autre fils resté dehors et incapable de se réjouir, pour lui faire comprendre que son jugement est sévère et injuste, et n’a pas de sens face à la miséricorde du Père qui n’a pas de limite. Ils ne poseront pas de questions impertinentes, mais comme le père de la parabole, ils interrompront le discours préparé par le fils prodigue, parce qu’ils sauront accueillir dans le coeur du pénitent l’appel à l’aide et la demande de pardon. En résumé, les confesseurs sont appelés, toujours, partout et en toutes situations, à être le signe du primat de la miséricorde.

18. Au cours du carême de cette Année Sainte, j’ai l’intention d’envoyer les Missionnaires de la Miséricorde. Ils seront le signe de la sollicitude maternelle de l’Eglise à l’égard du Peuple de Dieu, pour qu’il entre en profondeur dans la richesse de ce mystère aussi fondamental pour la foi. Ce seront des prêtres à qui j’aurai donné l’autorité pour pardonner aussi les péchés qui sont réservés au Siège Apostolique, afin de rendre explicite l’étendue de leur mandat. Ils seront surtout signe vivant de la façon dont le Père accueille ceux qui sont à la recherche de son pardon. Ils seront des missionnaires de la miséricorde car ils se feront auprès de tous l’instrument d’une rencontre riche en humanité, source de libération, lourde de responsabilité afin de dépasser les obstacles à la reprise de la vie nouvelle du Baptême. Dans leur mission, ils se laisseront guider par la parole de l’Apôtre: «Dieu, en effet, a enfermé tous les hommes dans le refus de croire pour faire à tous miséricorde» (Rm 11, 32). De fait, tous, sans exclusion, sont invités à accueillir lappel à la miséricorde. Que les missionnaires vivent cet appel en fixant le regard sur Jésus, «Grand-Prêtre miséricordieux et digne de foi» (He 2, 17).

Je demande à mes frères évêques d’inviter et d’accueillir ces Missionnaires, pour qu’ils soient avant tout des prédicateurs convaincants de la miséricorde. Que soient organisées dans les diocèses des «missions vers le peuple», de sorte que ces Missionnaires soient les hérauts de la joie du pardon. Quils célèbrent le sacrement de la Réconciliation pour le peuple, pour que le temps de grâce de l’Année Jubilaire permette à de nombreux fils éloignés de retrouver le chemin de la maison paternelle. Que les pasteurs, spécialement pendant le temps fort du Carême, soient invités à appeler les fidèles à s’approcher «vers le Trône de la grâce, pour obtenir miséricorde et recevoir la grâce de son secours» (He 4, 16).

Méditation (5 min)

Intentions de prière libres

CHANT de Taizé : Laudate Dominum

 

3 (Je vous salue Marie)

Le Notre Père


 Recueillement  (2 min) autour du VISUEL de la semaine

Seigneur Dieu,

Je vous  demande de m’aider, de tous nous aider à toujours avoir passionnément  l’autre à cœur, de toujours avoir l’autre en tête, et de toujours chercher son bien le meilleur.

Que si survient un différend, que je puisse être le premier à vouloir renouer, que je sois le premier à vouloir réparer.

Que cette mentalité puisse animer tous et chacun en me voyant le vivre au quotidien avec mes frères et mes sœurs.

Que  cette mentalité, inspirée par Votre Esprit, puisse prévaloir dans mon cœur  et dans le cœur de ceux qui nous mènent

Puissiez-vous  m’allumer et nous allumer tous à vouloir passionnément  répandre ces attitudes autour de nous par notre exemple.

Puisse la Paix du Cœur ainsi devenir contagieuse et amener les pires impasses à résolution.

Puissiez-vous me donner à croire passionnément et de toutes mes forces que cela adviendra  véritablement puisque nous vous le demandons, tout en reconnaissant  bien qu’il en sera fait selon Votre Volonté et Votre infinie Sagesse

Amen.

TEMPS DE SILENCE (2 min)

PSAUME du mercredi 16 décembre 2015-  http://aelf.org 
Ps 84 (85), 9ab.10, 11-12, 13-14

R/

Ciel, répands ta rosée !
Nuées, faites pleuvoir le juste !

(cf. Is 45, 8 (Vg))

J’écoute : que dira le Seigneur Dieu ?
Ce qu’il dit, c’est la paix pour son peuple :
Son salut est proche de ceux qui le craignent,
et la gloire habitera notre terre.

Amour et vérité se rencontrent,
justice et paix s’embrassent ;
la vérité germera de la terre
et du ciel se penchera la justice.

Le Seigneur donnera ses bienfaits,
et notre terre donnera son fruit.
La justice marchera devant lui,
et ses pas traceront le chemin.

TEMPS DE SILENCE (2 min)


Le TEXTE de la semaine : (2ième partie/4)

Misericordiae Vultus

BULLE D’INDICTION
DU JUBILÉ EXTRAORDINAIRE
DE LA MISÉRICORDE

FRANÇOIS
EVÊQUE DE ROME
SERVITEUR DES SERVITEURS DE DIEU
À CEUX QUI LIRONT CETTE LETTRE
GRÂCE, MISÉRICORDE ET PAIX

7. «Eternel est son amour»: cest le refrain qui revient à chaque verset du Psaume 135 dans le récit de lhistoire de la révélation de Dieu. En raison de la miséricorde, tous les événements de l’Ancien Testament sont riches d’une grande valeur salvifique. La miséricorde fait de l’histoire de Dieu avec Israël une histoire du salut. Répéter sans cesse: «Eternel est son amour» comme fait le Psaume, semble vouloir briser le cercle de lespace et du temps pour tout inscrire dans le mystère éternel de l’amour. C’est comme si l’on voulait dire que non seulement dans l’histoire, mais aussi dans l’éternité, l’homme sera toujours sous le regard miséricordieux du Père. Ce n’est pas par hasard que le peuple d’Israël a voulu intégrer ce Psaume, le “grand hallel” comme on l’appelle, dans les fêtes liturgiques les plus importantes.

Avant la Passion, Jésus a prié avec ce Psaume de la miséricorde. C’est ce qu’atteste l’évangéliste Matthieu quand il dit qu’«après avoir chanté les Psaumes» (26, 30), Jésus et ses disciples sortirent en direction du Mont des Oliviers. Lorsquil instituait l’Eucharistie, mémorial pour toujours de sa Pâque, il établissait symboliquement cet acte suprême de la Révélation dans la lumière de la miséricorde. Sur ce même horizon de la miséricorde, Jésus vivait sa passion et sa mort, conscient du grand mystère d’amour qui s’accomplissait sur la croix. Savoir que Jésus lui-même a prié avec ce Psaume le rend encore plus important pour nous chrétiens, et nous appelle à en faire le refrain de notre prière quotidienne de louange: «Eternel est son amour».

8. Le regard fixé sur Jésus et son visage miséricordieux, nous pouvons accueillir l’amour de la Sainte Trinité. La mission que Jésus a reçue du Père a été de révéler le mystère de l’amour divin dans sa plénitude. L’évangéliste Jean affirme pour la première et unique fois dans toute l’Ecriture: «Dieu est amour» (1 Jn 4, 8.16). Cet amour est désormais rendu visible et tangible dans toute la vie de Jésus. Sa personne n’est rien d’autre qu’amour, un amour qui se donne gratuitement. Les relations avec les personnes qui s’approchent de lui ont quelque chose d’unique et de singulier. Les signes qu’il accomplit, surtout envers les pécheurs, les pauvres, les exclus, les malades et les souffrants, sont marqués par la miséricorde. Tout en Lui parle de miséricorde. Rien en Lui ne manque de compassion.

Face à la multitude qui le suivait, Jésus, voyant qu’ils étaient fatigués et épuisés, égarés et sans berger, éprouva au plus profond de son coeur, une grande compassion pour eux (cf. Mt 9, 36). En raison de cet amour de compassion, il guérit les malades qu’on lui présentait (cf. Mt 14, 14), et il rassasia une grande foule avec peu de pains et de poissons (cf. Mt 15, 37). Ce qui animait Jésus en toute circonstance n’était rien d’autre que la miséricorde avec laquelle il lisait dans le coeur de ses interlocuteurs et répondait à leurs besoins les plus profonds. Lorsqu’il rencontra la veuve de Naïm qui emmenait son fils unique au tombeau, il éprouva une profonde compassion pour la douleur immense de cette mère en pleurs, et il lui redonna son fils, le ressuscitant de la mort (cf. Lc 7, 15). Après avoir libéré le possédé de Gerasa, il lui donna cette mission: «Annonce tout ce que le Seigneur a fait pour toi dans sa miséricorde» (Mc 5, 19). Lappel de Matthieu est lui aussi inscrit sur lhorizon de la miséricorde. Passant devant le comptoir des impôts, Jésus regarda Matthieu dans les yeux. C’était un regard riche de miséricorde qui pardonnait les péchés de cet homme, et surmontant les résistances des autres disciples, il le choisit, lui, le pécheur et le publicain, pour devenir l’un des Douze. Commentant cette scène de l’Evangile, Saint Bède le Vénérable a écrit que Jésus regarda Matthieu avec un amour miséricordieux, et le choisit: miserando atque eligendo.[7] Cette expression m’a toujours fait impression au point d’en faire ma devise.

9. Dans les paraboles de la miséricorde, Jésus révèle la nature de Dieu comme celle d’un Père qui ne s’avoue jamais vaincu jusqu’à ce qu’il ait absous le péché et vaincu le refus, par la compassion et la miséricorde. Nous connaissons ces paraboles, trois en particulier: celle de la brebis égarée, celle de la pièce de monnaie perdue, et celle du père et des deux fils (cf. Lc 15, 1-32). Dans ces paraboles, Dieu est toujours présenté comme rempli de joie, surtout quand il pardonne. Nous y trouvons le noyau de l’Evangile et de notre foi, car la miséricorde y est présentée comme la force victorieuse de tout, qui remplit le coeur d’amour, et qui console en pardonnant.

Dans une autre parabole, nous recevons un enseignement pour notre manière de vivre en chrétiens. Interpellé par la question de Pierre lui demandant combien de fois il fallait pardonner, Jésus répondit: «Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante dix fois sept fois» (Mt 18, 22). Il raconte ensuite la parabole du «débiteur sans pitié». Appelé par son maître à rendre une somme importante, il le supplie à genoux et le maître lui remet sa dette. Tout de suite après, il rencontre un autre serviteur qui lui devait quelques centimes. Celui-ci le supplia à genoux d’avoir pitié, mais il refusa et le fit emprisonner. Ayant appris la chose, le maître se mit en colère et rappela le serviteur pour lui dire: «Ne devais-tu pas, à ton tour, avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même j’avais eu pitié de toi?» (Mt 18, 33). Et Jésus conclut: «Cest ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur» (Mt 18, 35).

La parabole est d’un grand enseignement pour chacun de nous. Jésus affirme que la miséricorde n’est pas seulement l’agir du Père, mais elle devient le critère pour comprendre qui sont ses véritables enfants. En résumé, nous sommes invités à vivre de miséricorde parce qu’il nous a d’abord été fait miséricorde. Le pardon des offenses devient l’expression la plus manifeste de l’amour miséricordieux, et pour nous chrétiens, c’est un impératif auquel nous ne pouvons pas nous soustraire. Bien souvent, il nous semble difficile de pardonner! Cependant, le pardon est le moyen déposé dans nos mains fragiles pour atteindre la paix du coeur. Se défaire de la rancoeur, de la colère, de la violence et de la vengeance, est la condition nécessaire pour vivre heureux. Accueillons donc la demande de l’apôtre: «Que le soleil ne se couche pas sur votre colère» (Ep 4, 26). Ecoutons surtout la parole de Jésus qui a établi la miséricorde comme idéal de vie, et comme critère de crédibilité de notre foi: «Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde» (Mt 5, 7). Cest la béatitude qui doit susciter notre engagement tout particulier en cette Année Sainte.

Comme on peut le remarquer, la miséricorde est, dans l’Ecriture, le mot-clé pour indiquer l’agir de Dieu envers nous. Son amour n’est pas seulement affirmé, mais il est rendu visible et tangible. D’ailleurs, l’amour ne peut jamais être un mot abstrait. Par nature, il est vie concrète: intentions, attitudes, comportements qui se vérifient dans lagir quotidien. La miséricorde de Dieu est sa responsabilité envers nous. Il se sent responsable, c’est-à-dire qu’il veut notre bien et nous voir heureux, remplis de joie et de paix. L’amour miséricordieux des chrétiens doit être sur la même longueur d’onde. Comme le Père aime, ainsi aiment les enfants. Comme il est miséricordieux, ainsi sommes-nous appelés à être miséricordieux les uns envers les autres.

10. La miséricorde est le pilier qui soutient la vie de l’Eglise. Dans son action pastorale, tout devrait être enveloppé de la tendresse par laquelle on s’adresse aux croyants. Dans son annonce et le témoignage qu’elle donne face au monde, rien ne peut être privé de miséricorde. La crédibilité de l’Eglise passe par le chemin de l’amour miséricordieux et de la compassion. L’Eglise «vit un désir inépuisable doffrir la miséricorde».[8] Peut-être avons-nous parfois oublié de montrer et de vivre le chemin de la miséricorde. D’une part, la tentation d’exiger toujours et seulement la justice a fait oublier qu’elle n’est qu’un premier pas, nécessaire et indispensable, mais l’Eglise doit aller au-delà pour atteindre un but plus haut et plus significatif. D’autre part, il est triste de voir combien l’expérience du pardon est toujours plus rare dans notre culture. Même le mot semble parfois disparaître. Sans le témoignage du pardon, il n’y a qu’une vie inféconde et stérile, comme si l’on vivait dans un désert. Le temps est venu pour l’Eglise de retrouver la joyeuse annonce du pardon. Il est temps de revenir à l’essentiel pour se charger des faiblesses et des difficultés de nos frères. Le pardon est une force qui ressuscite en vie nouvelle et donne le courage pour regarder l’avenir avec espérance.

11. Nous ne pouvons pas oublier le grand enseignement que saint Jean-Paul II nous a donné dans sa deuxième encyclique Dives in misericordia, qui arriva à l’époque de façon inattendue et provoqua beaucoup de surprise en raison du thème abordé. Je voudrais revenir plus particulièrement sur deux expressions. Tout d’abord le saint Pape remarque l’oubli du thème de la miséricorde dans la culture actuelle: «La mentalité contemporaine semble sopposer au Dieu de miséricorde, et elle tend à éliminer de la vie et à ôter du cœur humain la notion même de miséricorde. Le mot et lidée de miséricorde semblent mettre mal à laise l’homme qui, grâce à un développement scientifique et technique inconnu jusqu’ici, est devenu maître de la terre qu’il a soumise et dominée (cf. Gn 1, 28). Cette domination de la terre, entendue parfois de façon unilatérale et superficielle, ne laisse pas de place, semble-t-il, à la miséricorde… Et c’est pourquoi, dans la situation actuelle de l’Eglise et du monde, bien des hommes et bien des milieux, guidés par un sens aigu de la foi, s’adressent, je dirais quasi spontanément, à la miséricorde de Dieu».[9]

C’est ainsi que saint Jean-Paul II justifiait l’urgence de l’annonce et du témoignage à l’égard de la miséricorde dans le monde contemporain: «Il est dicté par lamour envers lhomme, envers tout ce qui est humain, et qui, selon lintuition dune grande partie des hommes de ce temps, est menacé par un péril immense. Le mystère du Christ ma poussé à rappeler dans l’encyclique Redemptor Hominis sa dignité incomparable, m’oblige aussi à proclamer la miséricorde en tant qu’amour miséricordieux de Dieu révélé dans ce mystère. Il me conduit également à en appeler à cette miséricorde et à l’implorer dans cette phase difficile et critique de l’histoire de l’Eglise et du monde».[10] Son enseignement demeure plus que jamais d’actualité et mérite d’être repris en cette Année Sainte. Recevons ses paroles de façon renouvelée: «LEglise vit dune vie authentique lorsquelle professe et proclame la Miséricorde, attribut le plus admirable du Créateur et du Rédempteur, et lorsquelle conduit les hommes aux sources de la Miséricorde du Sauveur, dont elle est la dépositaire et la dispensatrice».[11]

12. L’Eglise a pour mission d’annoncer la miséricorde de Dieu, cœur battant de l’Evangile, qu’elle doit faire parvenir au cœur et à l’esprit de tous. L’Epouse du Christ adopte l’attitude du Fils de Dieu qui va à la rencontre de tous, sans exclure personne. De nos jours où l’Eglise est engagée dans la nouvelle évangélisation, le thème de la miséricorde doit être proposé avec un enthousiasme nouveau et à travers une pastorale renouvelée. Il est déterminant pour l’Eglise et pour la crédibilité de son annonce de vivre et de témoigner elle-même de la miséricorde. Son langage et ses gestes doivent transmettre la miséricorde pour pénétrer le cœur des personnes et les inciter à retrouver le chemin du retour au Père.

La vérité première de l’Eglise est l’amour du Christ. L’Eglise se fait servante et médiatrice de cet amour qui va jusqu’au pardon et au don de soi. En conséquence, là où l’Eglise est présente, la miséricorde du Père doit être manifeste. Dans nos paroisses, les communautés, les associations et les mouvements, en bref, là où il y a des chrétiens, quiconque doit pouvoir trouver une oasis de miséricorde.

13. Nous voulons vivre cette Année Jubilaire à la lumière de la parole du Seigneur: Miséricordieux comme le Père. L’évangéliste rapporte l’enseignement du Christ qui dit: «Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux» (Lc 6, 36). Cest un programme de vie aussi exigeant que riche de joie et de paix. Le commandement de Jésus sadresse à ceux qui écoutent sa voix
(cf. Lc 6, 27). Pour être capable de miséricorde, il nous faut donc d’abord nous mettre à l’écoute de la Parole de Dieu. Cela veut dire qu’il nous faut retrouver la valeur du silence pour méditer la Parole qui nous est adressée. C’est ainsi qu’il est possible de contempler la miséricorde de Dieu et d’en faire notre style de vie.

Méditation (5 min)

Intentions de prière libres

CHANT de Taizé : Laudate Dominum (dire ce chant 3 fois après chaque intention de prière)

3 (Je vous salue Marie)

Le Notre Père


Seigneur Dieu, Je vous demande de m’aider, de tous nous aider à toujours avoir passionnément l’autre à cœur, de toujours avoir l’autre en tête, et de toujours chercher son bien le meilleur. Que si survient un différend, que je puisse être le premier à vouloir renouer, que je sois le premier à vouloir réparer. Que cette mentalité puisse animer tous et chacun en me voyant le vivre au quotidien avec mes frères et mes sœurs. Que cette mentalité, inspirée par Votre Esprit, puisse prévaloir dans mon cœur et dans le cœur de ceux qui nous mènent Puissiez-vous m’allumer et nous allumer tous à vouloir passionnément répandre ces attitudes autour de nous par notre exemple. Puisse la Paix du Cœur ainsi devenir contagieuse et amener les pires impasses à résolution. Puissiez-vous me donner à croire passionnément et de toutes mes forces que cela adviendra véritablement puisque nous vous le demandons, tout en reconnaissant bien qu’il en sera fait selon Votre Volonté et Votre infinie Sagesse Amen.

Silence (2 min)

Psaume : 102 (103), 1-2, 3-4, 8.10

R/

Bénis le Seigneur, ô mon âme !

(Ps 102, 1a)

Bénis le Seigneur, ô mon âme,
bénis son nom très saint, tout mon être !
Bénis le Seigneur, ô mon âme,
n’oublie aucun de ses bienfaits !

Car il pardonne toutes tes offenses
et te guérit de toute maladie ;
il réclame ta vie à la tombe
et te couronne d’amour et de tendresse ;

Le Seigneur est tendresse et pitié,
lent à la colère et plein d’amour ;
il n’agit pas envers nous selon nos fautes,
ne nous rend pas selon nos offenses.

Silence (2 min)


Le TEXTE de la semaine : (1
ère partie/4)

Misericordiae Vultus

BULLE D’INDICTION
DU JUBILÉ EXTRAORDINAIRE
DE LA MISÉRICORDE

FRANÇOIS
EVÊQUE DE ROME
SERVITEUR DES SERVITEURS DE DIEU
À CEUX QUI LIRONT CETTE LETTRE
GRÂCE, MISÉRICORDE ET PAIX

1. Jésus-Christ est le visage de la miséricorde du Père. Le mystère de la foi chrétienne est là tout entier. Devenue vivante et visible, elle atteint son sommet en Jésus de Nazareth. Le Père, « riche en miséricorde » (Ep 2, 4) après avoir révélé son nom à Moïse comme « Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de vérité » (Ex 34, 6) n’a pas cessé de faire connaître sa nature divine de différentes manières et en de nombreux moments. Lorsqu’est venue la « plénitude des temps » (Ga 4, 4), quand tout fut disposé selon son dessein de salut, il envoya son Fils né de la Vierge Marie pour nous révéler de façon définitive son amour. Qui le voit a vu le Père (cf. Jn 14, 9). A travers sa parole, ses gestes, et toute sa personne,[1] Jésus de Nazareth révèle la miséricorde de Dieu.

2. Nous avons toujours besoin de contempler le mystère de la miséricorde. Elle est source de joie, de sérénité et de paix. Elle est la condition de notre salut. Miséricorde est le mot qui révèle le mystère de la Sainte Trinité. La miséricorde, c’est l’acte ultime et suprême par lequel Dieu vient à notre rencontre. La miséricorde, c’est la loi fondamentale qui habite le cœur de chacun lorsqu’il jette un regard sincère sur le frère qu’il rencontre sur le chemin de la vie. La miséricorde, c’est le chemin qui unit Dieu et l’homme, pour qu’il ouvre son cœur à l’espérance d’être aimé pour toujours malgré les limites de notre péché.

3. Il y a des moments où nous sommes appelés de façon encore plus pressante, à fixer notre regard sur la miséricorde, afin de devenir nous aussi signe efficace de l’agir du Père. C’est la raison pour laquelle j’ai voulu ce Jubilé Extraordinaire de la Miséricorde,comme un temps favorable pour l’Eglise, afin que le témoignage rendu par les croyants soit plus fort et plus efficace.

L’Année Sainte s’ouvrira le 8 décembre 2015, solennité de l’Immaculée Conception. Cette fête liturgique montre comment Dieu agit dès le commencement de notre histoire. Après qu’Adam et Eve eurent péché, Dieu n’a pas voulu que l’humanité demeure seule et en proie au mal. C’est pourquoi Marie a été pensée et voulue sainte et immaculée dans l’amour (cf. Ep 1, 4), pour qu’elle devienne la Mère du Rédempteur de l’homme. Face à la gravité du péché, Dieu répond par la plénitude du pardon. La miséricorde sera toujours plus grande que le péché, et nul ne peut imposer une limite à l’amour de Dieu qui pardonne. En cette fête de l’Immaculée Conception, j’aurai la joie d’ouvrir la Porte Sainte. En cette occasion, ce sera une Porte de la Miséricorde, où quiconque entrera pourra faire l’expérience de l’amour de Dieu qui console, pardonne, et donne l’espérance.

Le dimanche suivant, troisième de l’Avent, la Porte Sainte sera ouverte dans la cathédrale de Rome, la Basilique Saint Jean de Latran. Ensuite seront ouvertes les Portes Saintes dans les autres Basiliques papales. Ce même dimanche, je désire que dans chaque Eglise particulière, dans la cathédrale qui est l’Eglise-mère pour tous les fidèles, ou bien dans la co-cathédrale ou dans une église d’importance particulière, une Porte de la Miséricorde soit également ouverte pendant toute l’Année Sainte. Au choix de l’Ordinaire du lieu, elle pourra aussi être ouverte dans les Sanctuaires où affluent tant de pèlerins qui, dans ces lieux ont le cœur touché par la grâce et trouvent le chemin de la conversion. Chaque Eglise particulière est donc directement invitée à vivre cette Année Sainte comme un moment extraordinaire de grâce et de renouveau spirituel. Donc, le Jubilé sera célébré à Rome, de même que dans les Eglises particulières, comme signe visible de la communion de toute l’Eglise.

4. J’ai choisi la date du 8 décembre pour la signification qu’elle revêt dans l’histoire récente de l’Eglise. Ainsi, j’ouvrirai la Porte Sainte pour le cinquantième anniversaire de la conclusion du Concile œcuménique Vatican II. L’Eglise ressent le besoin de garder vivant cet événement. C’est pour elle que commençait alors une nouvelle étape de son histoire. Les Pères du Concile avaient perçu vivement, tel un souffle de l’Esprit, qu’il fallait parler de Dieu aux hommes de leur temps de façon plus compréhensible. Les murailles qui avaient trop longtemps enfermé l’Eglise comme dans une citadelle ayant été abattues, le temps était venu d’annoncer l’Evangile de façon renouvelée. Etape nouvelle pour l’évangélisation de toujours. Engagement nouveau de tous les chrétiens à témoigner avec plus d’enthousiasme et de conviction de leur foi. L’Eglise se sentait responsable d’être dans le monde le signe vivant de l’amour du Père.

Les paroles riches de sens que saint Jean XXIII a prononçées à l’ouverture du Concile pour montrer le chemin à parcourir reviennent en mémoire: « Aujourd’hui, l’Épouse du Christ, l’Église, préfère recourir au remède de la miséricorde plutôt que de brandir les armes de la sévérité … L’Eglise catholique, en brandissant le flambeau de la vérité religieuse, veut se montrer la mère très aimante de tous, bienveillante, patiente, pleine d’indulgence et de bonté à l’égard de ses fils séparés ».[2] Dans la même perspective, lors de la conclusion du Concile, le bienheureux Paul VI s’exprimait ainsi : « Nous voulons plutôt souligner que la règle de notre Concile a été avant tout la charité … La vieille histoire du bon Samaritain a été le modèle et la règle de la spiritualité du Concile…. Un courant d’affection et d’admiration a débordé du Concile sur le monde humain moderne. Des erreurs ont été dénoncées. Oui, parce que c’est l’exigence de la charité comme de la vérité mais, à l’adresse des personnes, il n’y eut que rappel, respect et amour. Au lieu de diagnostics déprimants, des remèdes encourageants ; au lieu de présages funestes, des messages de confiance sont partis du Concile vers le monde contemporain : ses valeurs ont été non seulement respectées, mais honorées ; ses efforts soutenus, ses aspirations purifiées et bénies… toute cette richesse doctrinale ne vise qu’à une chose : servir l’homme. Il s’agit, bien entendu, de tout homme, quels que soient sa condition, sa misère et ses besoins ».[3]

Animé par des sentiments de gratitude pour tout ce que l’Eglise a reçu, et conscient de la responsabilité qui est la nôtre, nous passerons la Porte Sainte sûrs d’être accompagnés par la force du Seigneur Ressuscité qui continue de soutenir notre pèlerinage. Que l’Esprit Saint qui guide les pas des croyants pour coopérer à l’oeuvre du salut apporté par le Christ, conduise et soutienne le Peuple de Dieu pour l’aider à contempler le visage de la miséricorde.[4]

5. C’est le 20 novembre 2016, en la solennité liturgique du Christ, Roi de l’Univers, que sera conclue l’Année jubilaire. En refermant la Porte Sainte ce jour-là, nous serons animés de sentiments de gratitude et d’action de grâce envers la Sainte Trinité qui nous aura donné de vivre ce temps extraordinaire de grâce. Nous confierons la vie de l’Eglise, l’humanité entière et tout le cosmos à la Seigneurie du Christ, pour qu’il répande sa miséricorde telle la rosée du matin, pour une histoire féconde à construire moyennant l’engagement de tous au service de notre proche avenir. Combien je désire que les années à venir soient comme imprégnées de miséricorde pour aller à la rencontre de chacun en lui offrant la bonté et la tendresse de Dieu! Qu’à tous, croyants ou loin de la foi, puisse parvenir le baume de la miséricorde comme signe du Règne de Dieu déjà présent au milieu de nous.

6. « La miséricorde est le propre de Dieu dont la toute-puissance consiste justement à faire miséricorde ».[5] Ces paroles de saint Thomas d’Aquin montrent que la miséricorde n’est pas un signe de faiblesse, mais bien l’expression de la toute-puissance de Dieu. C’est pourquoi une des plus antiques collectes de la liturgie nous fait prier ainsi : « Dieu qui donne la preuve suprême de ta puissance lorsque tu patientes et prends pitié ».[6]Dieu sera toujours dans l’histoire de l’humanité comme celui qui est présent, proche, prévenant, saint et miséricordieux.

Patient et miséricordieux”, tel est le binôme qui parcourt l’Ancien Testament pour exprimer la nature de Dieu. Sa miséricorde se manifeste concrètement à l’intérieur de tant d’événements de l’histoire du salut où sa bonté prend le pas sur la punition ou la destruction. D’une façon particulière, les Psaumes font apparaître cette grandeur de l’agir divin : « Car il pardonne toutes tes offenses et te guérit de toute maladie ; il réclame ta vie à la tombe et te couronne d’amour et de tendresse » (Ps 102, 3-4). D’une façon encore plus explicite, un autre Psaume énonce les signes concrets de la miséricorde : « Il fait justice aux opprimés ; aux affamés, il donne le pain ; le Seigneur délie les enchaînés. Le Seigneur ouvre les yeux des aveugles, le Seigneur redresse les accablés, le Seigneur aime les justes, le Seigneur protège l’étranger. Il soutient la veuve et l’orphelin, il égare les pas du méchant » (145, 7-9). Voici enfin une autre expression du psalmiste : « [Le Seigneur] guérit les cœurs brisés et soigne leurs blessures… Le Seigneur élève les humbles et rabaisse jusqu’à terre les impies » (146, 3.6). En bref, la miséricorde de Dieu n’est pas une idée abstraite, mais une réalité concrète à travers laquelle Il révèle son amour comme celui d’un père et d’une mère qui se laissent émouvoir au plus profond d’eux mêmes par leur fils. Il est juste de parler d’un amour « viscéral ». Il vient du coeur comme un sentiment profond, naturel, fait de tendresse et de compassion, d’indulgence et de pardon.

Méditation (5 min)

Intentions de prière libres

3 JVSM (Je vous salue Marie)

Le Notre Père


COMMUNAUTÉ CŒUR DE DIEU – Les mercredis de la prière

Recueillement (2 min) autour du VISUEL de la semaine :

 

Seigneur Dieu, Je vous demande de m’aider, de tous nous aider à toujours avoir passionnément l’autre à cœur, de toujours avoir l’autre en tête, et de toujours chercher son bien le meilleur. Que si survient un différend, que je puisse être le premier à vouloir renouer, que je sois le premier à vouloir réparer. Que cette mentalité puisse animer tous et chacun en me voyant le vivre au quotidien avec mes frères et mes sœurs. Que cette mentalité, inspirée par Votre Esprit, puisse prévaloir dans mon cœur et dans le cœur de ceux qui nous mènent Puissiez-vous m’allumer et nous allumer tous à vouloir passionnément répandre ces attitudes autour de nous par notre exemple. Puisse la Paix du Cœur ainsi devenir contagieuse et amener les pires impasses à résolution. Puissiez-vous me donner à croire passionnément et de toutes mes forces que cela adviendra véritablement puisque nous vous le demandons, tout en reconnaissant bien qu’il en sera fait selon Votre Volonté et Votre infinie Sagesse Amen.

 

Silence (2 min)

 

Psaume : Ps 22 (23), 1-2ab, 2cd-3, 4, 5, 6
R/

J’habiterai la maison du Seigneur

pour la durée de mes jours.

(Ps 22, 6cd)

 

Le Seigneur est mon berger :

je ne manque de rien.

Sur des prés d’herbe fraîche,

il me fait reposer.
Il me mène vers les eaux tranquilles

et me fait revivre ;

il me conduit par le juste chemin

pour l’honneur de son nom.

 

Si je traverse les ravins de la mort,

je ne crains aucun mal,

car tu es avec moi :

ton bâton me guide et me rassure.

 

Tu prépares la table pour moi

devant mes ennemis ;

tu répands le parfum sur ma tête,

ma coupe est débordante.

 

Grâce et bonheur m’accompagnent

tous les jours de ma vie ;

j’habiterai la maison du Seigneur

pour la durée de mes jours.

Silence (2 min)


Le TEXTE de la semaine :

Maurice Bellet.

La parole aimante.

La parole qui dit l’amour n’est pas la parole qui en parle, C’est la parole qui le donne. Elle peut parler de tout autre chose. Elle peut ne pas avoir l’air aimante. Mais son fruit, pour qui l’écoute, est vie. Voilà ce qui en signe la vérité. On peut parler avec ses mains, avec son regard, Avec son silence, avec la simple présence. Et même, avec l’absence nécessaire. Le vrai amour ne prend rien ; Il vous laisse même à votre solitude, La bonne solitude où vous pouvez aller par vous-même, indépendant. Mais le vrai amour ne vous abandonne jamais. Ainsi la parole aimante est-elle comme une demeure Où nous pouvons habiter jusque dans l’errance.

 

Méditation (5 min)

 

Intentions de prière libres

 

 

 

3 JVSM (Je vous salue Marie)

Le Notre Père


Enzo Bianchi : « Vivre l’Avent, c’est oser entrer dans le temps des lentes maturations »

« Esprit Saint, Fais-nous voir le visage du Très-Haut. Et révèle-nous celui du Fils; Et toi l’Esprit commun qui les rassemble; Viens en nos cœurs, qu’à jamais nous croyions en toi »

.CHANT DE TAIZÉ: Magnificat

Prophète du XXe siècle, archevêque de Recife au Brésil, Dom Helder Camara (1909-1999) a écrit cette profession de foi comme on lance un cri d’espérance.

Je crois en Dieu qui est le Père de tous les hommes et qui leur a confié la terre.

Je crois en Jésus Christ qui est venu pour nous encourager
et pour nous guérir, pour nous délivrer des puissances
et pour annoncer la paix de Dieu avec l’humanité. Il s’est livré pour le monde.
Il est au milieu de nous le Seigneur vivant.

Je crois en l’Esprit de Dieu, qui travaille en tout homme de bonne volonté.
Je crois en l’Église, donnée comme signe pour toutes les nations,
armée de la force de l’Esprit et envoyée pour servir les hommes.

Je crois que Dieu, à la fin, brisera la puissance du péché en nous et en tout être humain.
Je crois que l’homme vivra de la vie de Dieu pour toujours.
Je ne crois pas au droit du plus fort, au langage des armes, à la puissance des puissants.
Je ne veux croire qu’aux droits de l’Homme,
à la main ouverte, à la puissance des non-violents.
Je ne crois pas à la race, à la richesse, aux privilèges ou à l’ordre établi.

Je veux croire que tous les hommes sont des hommes
et que l’ordre de la force et de l’injustice est un désordre.
Je ne croirai pas que je n’ai pas à m’occuper de ce qui arrive loin d’ici.
Je veux croire que le monde entier est ma maison
et que tous moissonnent ce que tous ont semé.

TEMPS DE SILENCE ( 2 min.)
……..

L’espérance est souvent un grand combat avec nous-mêmes. La foi en Dieu ne va pas de soi. La confiance en Dieu n’est jamais acquise une fois pour toutes. L’espérance demande une vigilance constante. L’espérance, c’est la vie en état d’Avent, en état d’attente perpétuelle.

Creuser le désir, attiser le feu, garde la soif. La prière peut être le chemin où se nourrit l’espérance, un chemin souvent étroit, un sentier parfois ardu. Après tout, Jésus ne nous a-t-il pas averti que le chemin vers le Royaume serait plus proche du sentier de montagne que du boulevard de la grande ville?

Les plus belles espérances sont pleines d’impatience. Elles guettent, elles trépignent, elles essaient de devancer l’aboutissement. Elles tirent sur la tige pour que la fleur pousse plus vite.

Ce n’est pas une bonne chose en horticulture. Mais c’est excellent au jardin des espérances.

Travailler à changer les choses, mettre la main à la pâte pour pétrir la réalisation de nos rêves, de nos aspirations. Appeler la justice en la faisant concrètement au fil des jours. Vouloir la paix, même la paix la plus difficile, en tendant la main tout proche. Chercher l’amour, l’attendre de la part des autres, en l’offrant nous-mêmes. Désirer une société honnête, respectueuse de la dignité des personnes, par une vie personnelle sans compromis. Rêver à une Église en tout point fidèle à l’Évangile en optant nous-mêmes radicalement pour l’Évangile.

Tous ces engagements qui font en sorte que l’espérance devance le temps, et d’une certaine manière compromet Dieu. Comme si l’espérance disait à Dieu: il est temps d’agir… regarde-nous… Des engagements de l’espérance qui feraient dire au prophète Isaïe: Vous êtes en train de tracer un chemin dans le désert, une route pour Dieu. Vous comblez les vallées, vous aplanissez les montagnes, vous transformez les lieux accidentés en plaine et en large vallée. Denis GAGNON o.p.

TEMPS DE MÉDITATION

INTENTIONS DE PRIÈRES:

NOTRE-PÈRE

« Seigneur tout-puissant et miséricordieux, ne laisse pas le souci de nos tâches présentes entraver notre marche à la rencontre de ton Fils ; mais éveille en nous cette intelligence du cœur qui nous prépare à l’accueillir et nous fait entrer dans sa propre vie. Lui qui règne pour les siècles des siècles Amen


Seigneur Dieu,

Je vous  demande de m’aider, de tous nous aider à toujours avoir passionnément  l’autre à cœur, de toujours avoir l’autre en tête, et de toujours chercher son bien le meilleur.

Que si survient un différend, que je puisse être le premier à vouloir renouer, que je sois le premier à vouloir réparer.

Que cette mentalité puisse animer tous et chacun en me voyant le vivre au quotidien avec mes frères et mes sœurs.

Que  cette mentalité, inspirée par Votre Esprit, puisse prévaloir dans mon cœur  et dans le cœur de ceux qui nous mènent

Puissiez-vous  m’allumer et nous allumer tous à vouloir passionnément  répandre ces attitudes autour de nous par notre exemple.

Puisse la Paix du Cœur ainsi devenir contagieuse et amener les pires impasses à résolution.

Puissiez-vous me donner à croire passionnément et de toutes mes forces que cela adviendra  véritablement puisque nous vous le demandons, tout en reconnaissant  bien qu’il en sera fait selon Votre Volonté et Votre infinie Sagesse

Amen.

Psaume : Ps 16 (17), 1.2b, 5-6, 8.15

Seigneur, écoute la justice !
Entends ma plainte, accueille ma prière :
mes lèvres ne mentent pas.
Tes yeux verront où est le droit.

J’ai tenu mes pas sur tes traces :
jamais mon pied n’a trébuché.
Je t’appelle, toi, le Dieu qui répond :
écoute-moi, entends ce que je dis.
 

Garde-moi comme la prunelle de l’œil :
à l’ombre de tes ailes, cache-moi,
Et moi, par ta justice, je verrai ta face :
au réveil, je me rassasierai de ton visage.

Si la vie est un problème, il y a des solutions ―et l’humain moderne répète en robot docile qu’il «fonctionne» et qu’il «gère».

Mais si la vie est imprévisible, je peux m’attendre à tout, je dois tout craindre et tout espérer, je peux connaître l’insupportable et l’inouï.

Dans le premier cas, rien ne peut arriver; dans le second, tout est possible à chaque instant. Dans le premier cas je suis sous le régime du connu, du limité; par la seconde approche, je vis sous le signe du nouveau…

Si difficile soit-elle , une épreuve n’est pas une maladie. …Abordée de façon initiatique ( sens de commencement et de départ ) une difficulté est susceptible de provoquer un éveil, une prise de conscience et un changement important ou radical dans son existence. L’épreuve n’a pas pour sens la souffrance , mais elle fait toucher en soi à des dimensions insoupçonnées, elle permet d’acquérir ou de développer des qualités et des vertus telles que le courage, la patience, la force, l’endurance la bienveillance et l’humilité…

Toute épreuve décape et dépouille…

La métaphore qui surgit vient des icônes et des tableaux des Primitifs italiens et flamands : le fond est d’or. Et sur ce fond d’or apparaissent des personnages, des arbres, des oiseaux, du sang aussi , des décapitations, des croix…

Le fond de l’être est d’or. Infiniment délicat, indestructible et radieux. Et je peux y avoir accès, je peux renouer avec ce moi intemporel, originel, primitif, grâce au silence et à la méditation, grâce aux amitiés et aux rencontres amoureuses , par les émotions qui naissent devant la beauté des choses, et aussi par toutes les épreuves et les douleurs qu’offre l’humaine existence.

Jacqueline Kelen ( L’esprit de solitude )

 

TEMPS DE MÉDITATION

INTENSIONS DE PRIÈRES

Laudate omnes gentes, Laudate Dominum

 


Ce que nous vainquons, nous le détruisons, mais nous détruisons surtout en même temps quelque chose en nous-même. Joan D.Chittister, osb.

 

 

Seigneur, lorsque tu viendras dans ta gloire, ne te souviens pas seulement des hommes de bonne volonté,

Souviens-toi également des hommes de mauvaise volonté

Mais ne te souviens pas alors de leurs cruautés, de leurs sévices et de leurs violences.

Souviens-toi des fruits que nous avons portés à cause de ce qu’ils ont fait.

Souviens-toi de la patience des uns, du courage des autres, de la camaraderie, de l’humilité, de la grandeur d’âme, de la fidélité qu’ils ont réveillée en nous.

Et fais, Seigneur, que les fruits que nous avons portés soient un jour leur rédemption.

Prière trouvée sur un bout de papier d’emballage dans le camp d’extermination de Ravensbrück

 

Temps de méditation


Car rencontrer l’homme et rencontrer Dieu, c’est un seul et même moment, c’est une seule et même naissance, c’est une seule et même communion. M. Zundel

 

 

Psaume 150

Louez Dieu dans son sanctuaire,
louez-le au firmament de sa puissance,
louez-le en ses oeuvres de vaillance,
louez-le en toute sa grandeur !

Louez-le par l’éclat du cor,
louez-le par la harpe et la cithare,
louez-le par les cordes et les flûtes,
louez-le par la danse et le tambour !

Louez-le par les cymbales sonores,
louez-le par les cymbales triomphantes !
Par tout ce qui vit et respire
louange au Seigneur à jamais !

 

Seigneur, donne-moi tes yeux

pour que je sache porter sur l’homme le regard que tu lui portes,

un regard qui croit et qui espère,

un regard qui attend, suscite et fait éclore.

 

Tes miracles, Seigneur, étaient justement le fruit

de ce regard de foi et d’espérance,

qui permettait à l’homme de guérir, de jaillir, d’émerger et de naître à lui-même.

 

Donne-moi, Seigneur,

 de tellement croire au plus démuni d’entre mes frères et soeurs

que ma foi l’aide à devenir, à advenir,

à révéler en lui ce visage royal et divin qu’il cache au fond de lui.

 

Mets dans mon cœur une telle flamme d’amour,

dans mon regard une telle tendresse, dans mon sourire une telle chaleur,

et dans mon attitude un tel respect,

que l’autre se sente promu, recréé, transformé, transfiguré.

 

Donne-moi de découvrir en tout homme,

dans le moindre d’entre mes frères et sœurs,

ta grandeur, ta beauté, ta splendeur, ta présence.

 

Que mon adoration de Toi devienne adoration de l’Homme,

pour que je puisse ainsi t’aider à faire advenir cette humanité de demain,

où tu pourras un jour te révéler en plénitude

 

Amen

  Henri Boulad sj

MÉDITATION

INTENTIONS DE PRIÈRES: libre

 

CHANT : EL Senyor

( Le Seigneur est ma force et mon chant. Il est mon salut. En lui ma confiance , je n’ai pas peur )

El Senyor, es la meva forsa,
El Senyor, el meucant.
El m’haestat la salvacio,
En ell confio,
 
in no tinc por.
En ell confio, 
in no tinc por.

 

JE VOUS SALUE MARIE

NOTRE PÈRE


Avec Jean-Claude Ravet contemplons la beauté du monde

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Seigneur Dieu,

Je vous  demande de m’aider, de tous nous aider à toujours avoir passionnément  l’autre à cœur, de toujours avoir l’autre en tête, et de toujours chercher son bien le meilleur.

Que si survient un différend, que je puisse être le premier à vouloir renouer, que je sois le premier à vouloir réparer.

Que cette mentalité puisse animer tous et chacun en me voyant le vivre au quotidien avec mes frères et mes sœurs.

Que  cette mentalité, inspirée par Votre Esprit, puisse prévaloir dans mon cœur  et dans le cœur de ceux qui nous mènent

Puissiez-vous  m’allumer et nous allumer tous à vouloir passionnément  répandre ces attitudes autour de nous par notre exemple.

Puisse la Paix du Cœur ainsi devenir contagieuse et amener les pires impasses à résolution.

Puissiez-vous me donner à croire passionnément et de toutes mes forces que cela adviendra  véritablement puisque nous vous le demandons, tout en reconnaissant  bien qu’il en sera fait selon Votre Volonté et Votre infinie Sagesse

Amen.

TEMPS DE SILENCE (2 min).

Psaume 94

1Venez, crions de joie pour le Seigneur,
acclamons notre Rocher, notre salut !
2Allons jusqu’à lui en rendant grâce,
par nos hymnes de fête acclamons-le !

3Oui, le grand Dieu, c’est le Seigneur,
le grand roi au-dessus de tous les dieux :
4il tient en main les profondeurs de la terre,
et les sommets des montagnes sont à lui ;
5à lui la mer, c’est lui qui l’a faite,
et les terres, car ses mains les ont pétries.

6Entrez, inclinez-vous, prosternez-vous,
adorons le Seigneur qui nous a faits.
7Oui, il est notre Dieu ; +
nous sommes le peuple qu’il conduit,
le troupeau guidé par sa main.

Aujourd’hui écouterez-vous sa parole ? +
8« Ne fermez pas votre coeur comme au désert,
comme au jour de tentation et de défi,
9où vos pères m’ont tenté et provoqué,
et pourtant ils avaient vu mon exploit.

10« Quarante ans leur génération m’a déçu, +
et j’ai dit : Ce peuple a le coeur égaré,
il n’a pas connu mes chemins.
11Dans ma colère, j’en ai fait le serment :
Jamais ils n’entreront dans mon repos. »

TEMPS DE SILENCE (2 min)

La beauté du Monde (Jean-Claude Ravet)

S’il est une expérience humaine fondamentale, c’est bien celle de la beauté du monde. Elle exprime une dimension essentielle de l’existence. Elle a quelque chose à voir avec le monde lui-même dans sa dimension sensible et symbolique constituée de langage, de mémoire, d’imaginaire mais aussi d’images, de sons, d’odeurs, de lumière. Elle s’éprouve au contact des choses, de la nature, des êtres humains, ou tout simplement de la vie, et évidemment de l’art, comme si le monde – cet horizon lointain sur lequel se détachent toute chose vitale, toute amitié significative – apparaissait soudain si proche, comme une présence immense dans laquelle nous sommes immergés tout entier, parties prenantes. Le sentiment qu’elle fait naître d’une profonde appartenance à la Terre à la lumière, à l’eau, à l’air qui l’inondent rend certainement plus humain…

…Par ailleurs, la beauté du monde n’est pas sans être source de frayeur. Peut-il en être autrement quand elle ouvre un abîme sous nos pieds? Le sol de l’existence vacille, les certitudes chancellent: appréhension de notre fragilité, de notre inachèvement. Nous ne sommes pas les maîtres que nous voudrions paraître. Nous sommes tout petits, et pourtant habités du monde et de grandeurs la bonté, la justice, la beauté en sont des figures qui nous poursuivent.

…La beauté du monde, ce n’est pas la beauté du grand monde. Elle ne porte pas à plier l’échine devant les grands. Elle met debout l’homme et la femme auparavant prostrés. Elle révèle la dignité de chaque être. Elle transparaît dans les gestes quotidiens. Le regard se déplace de la surface au cœur, de l’accessoire à l’essentiel. Ce faisant, l’existence est mise à vif, à l’épreuve de l’histoire, et prend ses distances à l’égard de l’opulence fanfaronne qui festoie avec le pain, la vie des pauvres.

La beauté du monde ne peut que s’aiguiser au spectacle scandaleux de la laideur auquel on ne peut échapper. Celui qui, refusant de s’y dérober, accepte le combat, joue alors son existence. Il n’en sortira pas indemne. La beauté et l’amour du monde s’embrassent et se répondent.
Relations,
no 738, février 2010.

 MÉDITATION (5 min)

INTENTIONS DE PRIÈRES

Pour la beauté du monde, Seigneur, merci.
Pour le chatoiement des couleurs au soleil couchant, Seigneur, merci.

Pour l’harmonie des rythmes et des sons quand la musique fait vibrer l’air,
Seigneur, merci.

Pour l’herbe qui se lève et ondule sous le vent,
Seigneur, merci.

Pour l’immensité des mondes et le cycle des saisons
Seigneur, merci.

Pour le pain partagé, pour la main secourable,
Pour un simple mot gentil qui redonne espoir, Seigneur, merci.

Vos intentions de prière…

 

laudate dominum, laudate dominum

omnes gentes, alleluia

Réciter trois fois après chaque intention de prière

Dire trois fois le « Je vous salue Marie »

Notre Père


Avec Maurice Zundel, demandons à Dieu de nous aider à devenir des artisans de paix en faisant silence.

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Seigneur Dieu,

Je vous  demande de m’aider, de tous nous aider à toujours avoir passionnément  l’autre à cœur, de toujours avoir l’autre en tête, et de toujours chercher son bien le meilleur.

Que si survient un différend, que je puisse être le premier à vouloir renouer, que je sois le premier à vouloir réparer.

Que cette mentalité puisse animer tous et chacun en me voyant le vivre au quotidien avec mes frères et mes sœurs.

Que  cette mentalité, inspirée par Votre Esprit, puisse prévaloir dans mon cœur  et dans le cœur de ceux qui nous mènent

Puissiez-vous  m’allumer et nous allumer tous à vouloir passionnément  répandre ces attitudes autour de nous par notre exemple.

Puisse la Paix du Cœur ainsi devenir contagieuse et amener les pires impasses à résolution.

Puissiez-vous me donner à croire passionnément et de toutes mes forces que cela adviendra  véritablement puisque nous vous le demandons, tout en reconnaissant  bien qu’il en sera fait selon Votre Volonté et Votre infinie Sagesse

Amen.

 TEMPS DE SILENCE (2 min).

Psaume 17-3

21 Le Seigneur me traite sel o n ma justice,
il me donne le sal a ire des mains pures,
22 car j’ai gardé les chem i ns du Seigneur,
jamais je n’ai trah i mon Dieu.

23 Ses ordres sont to u s devant moi,
jamais je ne m’éc a rte de ses lois.
24 Je suis sans repr o che envers lui,
je me garde l o in du péché.
25 Le Seigneur me donne sel o n ma justice,
selon la pureté des m a ins que je lui tends.

26 Tu es fidèle envers l’h o mme fidèle,
sans reproche avec l’h o mme sans reproche ;
27 envers qui est loy a l, tu es loyal,
tu ruses av e c le pervers.

28 Tu sauves le pe u ple des humbles ;
les regards haut a ins, tu les rabaisses.
29 Tu es la lumi è re de ma lampe,
Seigneur mon Dieu, tu écl a ires ma nuit.
30 Grâce à toi, je sa u te le fossé,
grâce à mon Dieu, je franch i s la muraille.

V/ Tous étaient émerveillés
des paroles venant de la bouche de Dieu.

TEMPS DE SILENCE (2 min)

 MÉDITATION (5 min)

À la rencontre de Dieu dans le silence de l’aube (extrait d’un texte de Maurice Zundel)

...Nous ferons une oeuvre infiniment plus utile à la paix du monde en nous recueillant tous les jours, en cherchant à retrouver au plus profond de nous-mêmes la Source éternelle, en écoutant comme Gandhi la petite voix qui ne cesse de parler à celui qui écoute. Nous ferons une oeuvre infiniment plus utile qu’en nous lançant dans de vaines discussions, dans des propos stériles qui ne font que, envenimer les passions.

Car les hommes, très aisément, pourraient se rencontrer. Ils se retrouveraient frères infailliblement, dans la mesure justement où chacun consentirait à se démettre de lui-même en écoutant l’appel de sa vie intérieure.

Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus justement doit toute sa grandeur, qui est immense, au fait que, elle a donné sa vie en se cachant dans le silence de Dieu. Elle avait compris l’appel du monde, elle avait entendu le cri de toutes les détresses humaines, elle avait entendu plus profondément encore le cri de la douleur divine et elle voulait collaborer, avec tout l’élan de sa foi et de son amour, collaborer à l’établissement du Règne de Dieu ; et c’est pourquoi elle se cachait dans le silence du Christ. Et, dans ce couvent, où elle accomplissait les travaux les plus quelconques, les plus insignifiants, elle émettait dans le monde toutes ces vagues de lumière et d’amour, ces ondes de lumière et d’amour qui devaient le soulever vers Dieu.

Vous voyez quand un enfant joue au bord du lac, qu’il jette un caillou dans l’eau, la chute de la pierre amène la formation de ces cercles qui s’élargissent de plus en plus et qui finissent par gagner, à peine visibles, l’autre rive. Eh ! bien, notre vie, elle est justement le foyer d’ondes de lumière ou de ténèbres, selon notre choix, qui se répandent sur le monde entier.

Demandons à Dieu, en lisant le journal, en écoutant la radio, demandons à Dieu, de faire tomber toutes les barrières qui séparent les peuples en faisant d’abord tomber toutes les frontières qui empêchent notre âme et notre cœur d’être universels.

Car, si nous arrivons chaque jour à retrouver le trésor du silence, si chaque jour, nous allons jusqu’au fond, jusqu’à la rencontre avec la source éternelle, si notre prière est d’abord une audition de la parole intérieure, une attention donnée à la petite voix de Dieu, au plus intime de notre coeur, nous aussi, nous porterons, comme sainte Thérèse, nous porterons la lumière du monde, nous diffuserons ces ondes de clarté et d’amour qui, peu à peu, purifieront l’atmosphère de ses débats passionnels et amèneront les hommes à comprendre qu’ils peuvent se rencontrer dans le respect du bien infini qui est confié à toute conscience humaine.

Nous voulons donc ce matin, dans ce pays de merveilles où il nous est donné de découvrir toute la splendeur du monde, nous voulons demander à Dieu d’entrer dans le silence de l’aube, dont la lumière commence à renaître, d’entrer dans le silence des chants d’oiseaux, d’entrer dans le silence de Gandhi, dans le silence de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, dans le silence infiniment profond et bouleversant du Christ-Eucharistie, afin que, cachés dans la lumière de Dieu, nous apportions au monde ce ferment de paix et d’amour qui peut seul le sauver. Quelle merveille si chacun de nous pouvait ce matin, en se recueillant au plus intime de lui-même, se charger de toute la lumière du Christ et écouter, comme dit saint Ignace d’Antioche : les mystères de clameur qui s’accomplissent dans le silence de Dieu !

INTENTIONS DE PRIÈRES

Apprends-nous Seigneur… (Père Luc Lesage, Pax Christi Lille )

Apprends-nous, Seigneur,
à regarder avec tes yeux, tous les peuples de la Terre.
Aide-nous à y reconnaître chaque jour Ta présence,
afin d’y souligner l’espérance.

Apprends-nous, Seigneur,
à nous réjouir avec ceux qui connaissent la joie,
et à soutenir ceux qui sont dans l’épreuve.
Avec Toi, pour compagnon, notre cœur inondera le monde de Ta paix.

Vos intentions de prière…

 CHANT de Taizé : Mon âme se repose en paix

 

Mon âme de repose en paix sur Dieu seul,

de lui vient mon salut,

oui sur Dieu seul mon âme se repose,

se repose en paix

Réciter trois fois après chaque intention de prière

Dire trois fois le « Je vous salue Marie »

Notre Père


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Seigneur Dieu,

Je vous  demande de m’aider, de tous nous aider à toujours avoir passionnément  l’autre à cœur, de toujours avoir l’autre en tête, et de toujours chercher son bien le meilleur.

Que si survient un différend, que je puisse être le premier à vouloir renouer, que je sois le premier à vouloir réparer.

Que cette mentalité puisse animer tous et chacun en me voyant le vivre au quotidien avec mes frères et mes sœurs.

Que  cette mentalité, inspirée par Votre Esprit, puisse prévaloir dans mon cœur  et dans le cœur de ceux qui nous mènent

Puissiez-vous  m’allumer et nous allumer tous à vouloir passionnément  répandre ces attitudes autour de nous par notre exemple.

Puisse la Paix du Cœur ainsi devenir contagieuse et amener les pires impasses à résolution.

Puissiez-vous me donner à croire passionnément et de toutes mes forces que cela adviendra  véritablement puisque nous vous le demandons, tout en reconnaissant  bien qu’il en sera fait selon Votre Volonté et Votre infinie Sagesse

Amen.

 TEMPS DE SILENCE (2 min).

Psaume 145

1Chante, ô mon âme, la louange du Seigneur ! +
2Je veux louer le Seigneur tant que je vis, *
chanter mes hymnes pour mon Dieu tant que je dure.

3Ne comptez pas sur les puissants,
des fils d’homme qui ne peuvent sauver !
4Leur souffle s’en va : ils retournent à la terre ;
et ce jour-là, périssent leurs projets.

5Heureux qui s’appuie sur le Dieu de Jacob,
qui met son espoir dans le Seigneur son Dieu,
6lui qui a fait le ciel et la terre
et la mer et tout ce qu’ils renferment !

Il garde à jamais sa fidélité,
7il fait justice aux opprimés ;
aux affamés, il donne le pain ;
le Seigneur délie les enchaînés.

8Le Seigneur ouvre les yeux des aveugles,
le Seigneur redresse les accablés,
le Seigneur aime les justes,
9le Seigneur protège l’étranger.

Il soutient la veuve et l’orphelin,
il égare les pas du méchant.
10D’âge en âge, le Seigneur régnera :
ton Dieu, ô Sion, pour toujours !

 

TEMPS DE SILENCE (2 min)

 MÉDITATION (5 min)

La Foi est une confiance toute simple en Dieu (extraits de la lettre de Fr Roger de Taizé)

(…)Nous sommes dans une période où beaucoup se demandent : mais qu’est-ce que la foi ? La foi est une confiance toute simple en Dieu, un élan de confiance indispensable, sans cesse repris au cours de la vie. En chacun, il peut y avoir des doutes. Ils n’ont rien d’inquiétant. Nous voudrions surtout écouter le Christ qui murmure en nos cœurs : « Tu as des hésitations ? Ne t’inquiète pas, l’Esprit Saint demeure toujours avec toi. » Il en est qui ont fait cette découverte surprenante : l’amour de Dieu peut s’épanouir aussi dans un cœur touché par des doutes. Dans l’Évangile, une des premières paroles du Christ est celle-ci : « Heureux les cœurs simples ! » Oui, heureux qui avance vers la simplicité, celle du cœur et celle de la vie.

Un cœur simple cherche à vivre le moment présent, à accueillir chaque jour comme un aujourd’hui de Dieu. L’esprit de simplicité ne transparaît-il pas dans la joie sereine et aussi dans la gaieté ? Un cœur simple n’a pas la prétention de tout comprendre de la foi à lui tout seul. Il se dit : ce que je saisis peu, d’autres le comprennent mieux et m’aident à poursuivre le chemin. Simplifier sa vie permet de partager avec les plus démunis, en vue d’apaiser les peines, là où il y a la maladie, la pauvreté, la faim…

Notre prière personnelle est simple elle aussi. Pensons-nous que, pour prier, il y a besoin de beaucoup de paroles ?Non. Il arrive que quelques mots, parfois maladroits, suffisent pour tout remettre à Dieu, nos craintes comme nos espérances. En nous abandonnant à l’Esprit Saint, nous allons trouver la voie qui va de l’inquiétude à la confiance.Et nous lui disons : Esprit Saint, donne-nous de nous tourner vers toi à tout moment. Si souvent, nous oublions que tu nous habites, que tu pries en nous, que tu aimes en nous. Ta présence en nous est confiance et continuel pardon.

Oui, l’Esprit Saint allume en nous une lueur. Serait-elle toute pâle, elle éveille en nos cœurs le désir de Dieu. Et le simple désir de Dieu est déjà prière. (…)

Source : site de taizé

INTENTIONS DE PRIÈRES (17 octobre, journée mondiale du refus de la misère)

Pour ces millions d’hommes, de femmes et d’enfant

Dont le cœur à grands coups bat encore pour lutter.

Dont l’esprit se révolte contre l’injuste sort qui leur fut imposé.

Dont le courage exige le droit à l’inestimable dignité.

Toi notre Père nous te prions

Envoie des ouvriers pour faire ta moisson.

Pour que tous ceux qui prient

Trouvent écho près de Dieu et reçoivent de lui

La puissance d’écarter la misère d’une humanité

Dont l’image est la sienne.

Toi notre Père nous te prions

Envoie des ouvriers pour faire ta moisson.

Vos intentions de prière…

 CHANT de Taizé : Bless the Lord my soul

Bless the Lord, my soul,
and bless God’s holy name.
Bless the Lord, my soul,
who leads me into life.

 Réciter trois fois après chaque intention de prière

Dire trois fois le « Je vous salue Marie »

Notre Père


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Seigneur Dieu,

Je vous  demande de m’aider, de tous nous aider à toujours avoir passionnément  l’autre à cœur, de toujours avoir l’autre en tête, et de toujours chercher son bien le meilleur.

Que si survient un différend, que je puisse être le premier à vouloir renouer, que je sois le premier à vouloir réparer.

Que cette mentalité puisse animer tous et chacun en me voyant le vivre au quotidien avec mes frères et mes sœurs.

Que  cette mentalité, inspirée par Votre Esprit, puisse prévaloir dans mon cœur  et dans le cœur de ceux qui nous mènent

Puissiez-vous  m’allumer et nous allumer tous à vouloir passionnément  répandre ces attitudes autour de nous par notre exemple.

Puisse la Paix du Cœur ainsi devenir contagieuse et amener les pires impasses à résolution.

Puissiez-vous me donner à croire passionnément et de toutes mes forces que cela adviendra  véritablement puisque nous vous le demandons, tout en reconnaissant  bien qu’il en sera fait selon Votre Volonté et Votre infinie Sagesse

Amen.

 TEMPS DE SILENCE (2 min).

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Toi, Seigneur,
Dieu de tendresse et de pitié !

(Ps 85, 15)

Prends pitié de moi, Seigneur,
toi que j’appelle chaque jour.
Seigneur, réjouis ton serviteur :
vers toi, j’élève mon âme !

 Toi qui es bon et qui pardonnes,
plein d’amour pour tous ceux qui t’appellent,
écoute ma prière, Seigneur,
entends ma voix qui te supplie.

 Toutes les nations, que tu as faites,
viendront se prosterner devant toi
et rendre gloire à ton nom, Seigneur,
car tu es grand et tu fais des merveilles,
toi, Dieu, le seul.

TEMPS DE SILENCE (2 min)

 MÉDITATION (5 min)

Accueillir notre humanité

La prise de conscience que nous appartenons à une humanité commune, et que cette appartenance est plus fondamentale que tout autre appartenance, a changé beaucoup de mes attitudes et ma vision de l’être humain. Elle m’a aidé à me libérer de compulsions égocentriques et de blessures intérieures, m’a incité à mieux accueillir ceux qui sont différents, les « étrangers », et même ceux qui nous agressent, les « ennemis ». Passer de l’égoïsme à l’amour, de l’esclavage à la liberté, de l’enfermement sur soi à l’ouverture aux autres, c’est grandir ; c’est le chemin vers la pleine maturité humaine.

Nous sommes tous appelés à la libération du coeur, à nous ouvrir aux autres et à découvrir ce qui fait le fond de notre être, notre humanité commune. Mais cette libération est un long cheminement, depuis l’angoisse et l’enfermement sur nous-mêmes, où nous nous sentons coupés des autres, jusqu’à un amour plénier qui nous transforme et nous permet d’aider les autres à se transformer. Ce cheminement, nous ne pouvons l’accomplir seuls. Il implique que nous appartenions, à un moment ou un autre, à un groupe ouvert qui aide chacun à vivre un dialogue harmonieux avec les autres, à l’intérieur comme à l’extérieur du groupe. […]

On peut s’étonner que les faibles et les exclus puissent être des maîtres en humanité, mais c’est la vérité que je découvre en vivant avec eux.

Jean Vanier, Accueillir notre humanité, Ed. Presses de la Renaissance

INTENTIONS DE PRIÈRES (LIBRE)

CHANT de Taizé : Ubi caritas

Réciter trois fois après chaque intention de prière

Dire trois fois le « Je vous salue Marie »

Notre Père


COMMUNAUTÉ CŒUR DE DIEU – Les mercredis de la prière

 Recueillement  (2 min) autour du VISUEL de la semaine
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Seigneur Dieu,

Je vous  demande de m’aider, de tous nous aider à toujours avoir passionnément  l’autre à cœur, de toujours avoir l’autre en tête, et de toujours chercher son bien le meilleur.

Que si survient un différend, que je puisse être le premier à vouloir renouer, que je sois le premier à vouloir réparer.

Que cette mentalité puisse animer tous et chacun en me voyant le vivre au quotidien avec mes frères et mes sœurs.

Que  cette mentalité, inspirée par Votre Esprit, puisse prévaloir dans mon cœur  et dans le cœur de ceux qui nous mènent

Puissiez-vous  m’allumer et nous allumer tous à vouloir passionnément  répandre ces attitudes autour de nous par notre exemple.

Puisse la Paix du Cœur ainsi devenir contagieuse et amener les pires impasses à résolution.

Puissiez-vous me donner à croire passionnément et de toutes mes forces que cela adviendra  véritablement puisque nous vous le demandons, tout en reconnaissant  bien qu’il en sera fait selon Votre Volonté et Votre infinie Sagesse

Amen.

 TEMPS DE SILENCE (2 min).

Psaume : Ps 136, -6a

R/Que ma langue s’attache à mon palais

si je perds ton souvenir !

(Ps 136, 6a)

Au bord des fleuves de Babylone     

nous étions assis et nous pleurions,

nous souvenant de Sion ;

aux saules des alentours

nous avions pendu nos harpes.

 

C’est là que nos vainqueurs     

nous demandèrent des chansons,

et nos bourreaux, des airs joyeux :« 

Chantez-nous, disaient-ils,

quelque chant de Sion. »

 

Comment chanterions-nous     

un chant du Seigneur

sur une terre étrangère ?

Si je t’oublie, Jérusalem

que ma main droite m’oublie !

 

Je veux que ma langue     

s’attache à mon palais

si je perds ton souvenir,

si je n’élève Jérusalem,

au sommet de ma joie.

TEMPS DE SILENCE (2 min)

La corbeille de fruits

Le même fleuve de vie 
Qui court à travers mes veines nuit et jour 
Court à travers le monde 
Et danse en pulsations rythmées. 
C’est cette même vie qui pousse à travers 
La poudre de la terre sa joie 
En innombrables brins d’herbe, 
Et éclate en fougeuses vagues de feuilles et de fleurs.. 
C’est cette même vie que balancent flux et reflux 
Dans l’océan-berceau de la naissance et de la mort. 
Je sens mes membres glorifiés au toucher de cette vie universelle. 
Et je m’enorgueillis, 
Car le grand battement de la vie des âges 
C’est dans mon sang qu’il danse en ce moment.

Rabindranath Tagore 

 

MÉDITATION (5 min)

INTENTIONS DE PRIÈRES (LIBRE)

 CHANT de Taizé : Nada te turbe

Nada te turbe, nada te espante; quien a Dios tiene nada le falta.
Nada te turbe, nada te espante .. solo Dios basta.

 Réciter trois fois après chaque intention de prière

Dire trois fois le « Je vous salue Marie »

Notre Père


FFA 19.09.2915 – Intro Laudato Si

Le samedi 19 septembre 2015, fut notre toute première rencontre fraternelle de la saison 2015-2016. Elle porta sur le premier d’un triptyque sur l’encyclique du pape François sur l’écologie.

Après avoir brièvement établi qu’une encyclique est une lettre envoyée non plus seulement aux évêques et à tous les catholiques mais aussi aux hommes de bonne volonté, et, avec celle de François, dont  les enseignements sont destinés, cette fois-ci, à tous les humains, nous en avons recensé plus de 300 depuis plus 1750, environ.

Se fondant sur les consensus scientifiques et sur des valeurs éthiques partagées par de nombreux courants religieux et laïcs, on y voit la volonté du pape François de rallier l’humanité  derrière l’urgence de changer nos mentalités et nos comportements pour sauver Mère-Nature de nos agressions quasi-suicidaires, nature dont nous faisons pourtant partie intégrante.

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Comme l’on peut voir sur la photo, nous avons ensuite procédé à un ‘brainstorming’ portant sur toutes les implications du mot ‘écologie », pour s’apercevoir que l’encyclique s’est effectivement penchée sur toutes nos préoccupations et elle le fait dans un langage clair, précis et instruit autant des enseignements des sciences humaines et physiques, que des principes éthiques de l’Eglise.

Un survol fut fait de l’introduction de cette encyclique, pour en dégager l’esprit. En fait, l’humanité se doit de changer rapidement de mentalité, plaide François, et plutôt que d’aspirer à dominer et à exploiter la Création, de laquelle il est pleinement partie prenante, il ferait mieux d’apprendre à jouer son rôle de co-créateur, en s’inspirant de la sagesse et de l’humilité de la Nature. Au coeur de cette ‘conversion’, la notion de ‘bien commun’, c’est-à-dire, «l’ensemble des conditions sociales qui permettent, tant aux groupes qu’à chacun de leurs membres, d’atteindre leur perfection d’une façon plus totale et plus aisée »(citation tiré du no. 156 de l’encyclique).

Plusieurs avenues concrètes s’offrent à nous pour participer à cette ‘conversion’, dans les divers domaines qui sont à notre portée. Nous avons également discuté ce soir-là de ces aspects.

Les deux autres soirées qui porteront sur l’encyclique ‘Laudato Si’ développeront davantage plusieurs des thèmes abordés ce soir, pour en venir à déboucher, au bout de ce triptyque, sur une implication concrète de chacun autant  individuellement qu’en tant que fraternité, dans un projet spécifique à élaborer.

Nous vous invitons donc à lire le reste de cette encyclique (ou à l’écouter sur les fichiers audio), en espérant que tout cela saura davantage nous éclairer et nous motiver à la conversion du cœur et de l’intelligence à laquelle nous convie le pape François, et ce, pour  le plus grand bien de l’humanité actuelle et à venir!

Laudato Si annoté par P. Bellefeuille

Références et lecture suggérées par P. Bellefeuille

A) Sur le plan économique :
– Joseph E. Stiglitz économiste de centre gauche qui a écrit (Le triomphe de la cupidité)
– Gilles Dostaler, économiste québécois qui a écrit (Capitalisme et pulsion de mort)
 
B) Essais et pensées critiques portant sur le néolibéralisme, un alignement de gauche sur le plan politique et économique :- la stratégie du choc, par Naomi Klein ;
– L’empire de la honte, par Jean Ziegler ;
– Contes et comptes du prof Lauzon, par Léo-Paul Lauzon ;
– Capitalisme et pulsion de mort, par Gilles Dostaler ;
– La société malade de la gestion, par Vincent de Gaulejac ;
– La fabrication du consentement, par Noam Chomsky
http://www.acrimed.org/article3010.html ;- Le site web http://www.mondialisation.ca. (à gauche) ;C) Journalisme d’enquête, les relations entre divers cultes ultras orthodoxes (Bible Belt), la politique et l’économie :

– Le monde secret des Bush et La face cachée des banques, par Éric Laurent ;

D) Analyse et déconstruction du discours ultralibéral ou néoconservateur :

– Haine froide – À quoi pense la droite américaine, par Nicole Morgan (ancienne professeure de philosophie au collège militaire de Kingston) elle dénonce un système de pensée unique associé au soi-disant libre marché. Elle déconstruit complètement la pensée d’Ayn Rand, cette présumée philosophe ayant écrit « La révolte d’Atlas », le deuxième livre le plus lu après la Bible aux États-Unis. Ce livre d’Ayn Rand a été financé à coup de dizaines de millions de dollars pour infiltrer les universités. La pensée d’Ayn Rand a permis de justifier depuis les 50 dernières années la montée idéologique de l’ultraconservatisme partout dans le monde.

Essentiellement, je crois, l’ultraconservatisme est une culture du moi au détriment du bien commun, le darwinisme social étant omniprésent. Dès lors, on comprend mieux par quels détours idéologiques on a forcé la politique à adopter la vision friedmanienne de l’économie : réduction des dépenses publiques, rationalisations et privatisations.

– – Curieusement, dans un autre ordre d’idées et à première vue, Anton LaVey a écrit sa bible satanique en 1966, laquelle est en partie inspirée des écrits d’Ayn Rand, ils se rejoignent sur la base dirais-je, d’une enflure de l’égo de l’individualisme démesuré où la notion de partage n’est pas importante, où on récupère entre autres la pensée de Nietzsche en la déformant, et on comprend que ce n’est pas si curieux que ça en bout de piste. Après tout, dans la métaphore du diable, ce dernier prend tout sans jamais redonner, on parle communément d’un pacte avec le diable. Bouououou! 🙂 Tout au niveau des valeurs sous-jacentes de l’économie ultralibérale ou néoconservatrice pousse à l’individualisme, au darwinisme social, un monde où prévaut le pouvoir arbitraire de l’argent, le libre arbitre de chacun, là où le plus fort la poche l’emporte sur le bien commun. L’idéal individuel se vit dans l’immédiateté, vidé d’une âme où des valeurs spirituelles forceraient une ouverture sur quelque chose se projetant bien au-delà des considérations individuelles. Aimez vous les uns les autres n’a aucune place dans une économie surtout axée sur le néoconservatisme, et ce, à l’échelle mondiale, car ce sont essentiellement les banques d’affaires spéculatives qui déterminent les politiques économiques depuis trop longtemps déjà. Les banques concentrent le pouvoir économique, un pouvoir qui n’est surtout pas en mode de partage et redistribution de la richesse. — George Bush disait suivant les attaques du 11 septembre 2001 «Consommez». Jamais depuis des décennies on n’a entendu un président américain dire « aimez-vous les uns les autres ». À vouloir à tout prix sauver les économies de qui au juste, sans se préoccuper d’un amour véritable de l’autre, on sauve quoi au juste? À mon sens, ces gens sont des imposteurs utilisant pour eux-mêmes «we believe in God», mais sans jamais véhiculer son message central; ce n’est rien de surprenant dans un pays où environ 30% de l’économie repose sur le commerce des armes, de la défense et de ses dérivés. Si on fabrique autant d’armes, certes, ce n’est pas par amour de son prochain.

S’il s’avère que des esprits mal éduqués adhèrent à ce système de valeurs (Ayn Rand et LaVey), alors là, ça ne va pas du tout. Ça me semble expliquer, bon, disons, d’une certaine manière quelques dérives morales dans notre monde à mon sens beaucoup trop pollué par le culte du moi, là où entre autres la politique pour le plus grand bien de tous a été supplantée par le libre marché et le darwinisme social sous-jacent, en lien direct avec les politiques d’austérité imposées par les banques et le capitalisme sauvage. Juste comme ça en passant.

Les systèmes de valeurs, à mon sens, sont les vecteurs codés de comportements et d’automatismes lorsqu’ils pénètrent les mentalités collectives par la force de l’exposition à certaines idées. Ce fut le cas avec les écrits d’Ayn Rand, je le répète, lesquels ont été largement subventionnés pour infiltrer de nombreux milieux universitaires aux États-Unis.

– La géopolitique du pétrole aide aussi à comprendre comment on se partage le monde depuis longtemps déjà :http://fr.wikipedia.org/wiki/Géopolitique_du_pétrole


COMMUNAUTÉ CŒUR DE DIEU – Les mercredis de la prière

 Recueillement  (2 min) autour du VISUEL de la semaine